Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Démission du maire d'Aillon-le-Jeune : "L'État ne veut plus de petites communes rurales ! "

lundi 8 octobre 2018 à 8:51 Par Christophe Van Veen, France Bleu Pays de Savoie

Le coup de gueule de Philippe Trépier. Après quatre ans de mandat, il rend son écharpe de maire d'un petit village des Bauges, en Savoie.

Aillon Le Jeune une station en très grande difficulté
Aillon Le Jeune une station en très grande difficulté © Radio France - Mélodie Viallet

Aillon-le-Jeune, France

Après quatre ans de bons et loyaux services, le Savoyard Philippe Trépier jette l'éponge ou plutôt jette son écharpe de maire d'Aillon-le-Jeune (Savoie), dans les Bauges. Il a envoyé sa démission à la préfecture. Il rencontre le préfet pour valider sa démission et évoquer l'avenir de sa municipalité.  Amoureux du massif des Bauges, accompagnateur en montagne, Philippe Trépier estime avoir échoué pour sauver la station Aillon 1000. 

Un maire amer, usé, déçu et en colère

Plombée par un déficit chronique, la station d'hiver de sa commune sera en partie démantelée, avec une priorité donnée aux activités d'été, d'après la stratégie de la communauté d'agglomération du Grand Chambéry, qui a pris la main sur la destinée d'Aillon-le-Jeune.  

Paradoxe, puisque c'est Aillon-le-jeune qui a demandé l'aide de l'agglomération et a fini par accepter ce plan de sauvegarde début juillet. Dans trois ans, le télésiège du Mont Pelat sera démonté et transféré à la station d'Aillon-Margériaz qui ne connaît pas la crise, elle. 

France Bleu Pays de Savoie : La stratégie du Grand Chambéry a été présentée comme quelque chose de positif. Un élan pour sortir du marasme votre station en déficit chronique.  

Philippe Trépier : J'émets des réserves. Démonter notre télésiège pour 3 millions d'euros alors qu'on demandait 50.000 euros par an pour l'entretenir, ce n'est pas les mêmes sommes. C'est donc une décision politique de se débarrasser de la station Aillon 1000. Ok, on a compris, Aillon, l'hiver, c'est fini ! Ils veulent développer les activités d'été. Mais l'été,  Aillon, ce sont des prés, qui appartiennent à des propriétaires privés. Localement d'ailleurs, les gens n'y sont pas favorables.   

C'est Aillon-le-Jeune qui est allé demander de l'aide au grand Chambéry...

Quand vous venez aider quelqu'un, vous le saluez et vous discutez avec lui. C'est la moindre des politesses. Cela ne s'est pas passé comme ça. Vous invitez quelqu'un chez vous, il vous dit que votre cocktail est pas terrible et que votre canapé est trop vieux, etc... Je le dis clairement, on a le sentiment d'être mal aimés. Les élus d'Aillon ont été contraints. On s'est battus pendant quatre ans pour rien. Pour rien !

"Quel intérêt d'être maire aujourd'hui ? Aucun." — Philippe Trépier, maire démissionnaire

Vous rejoignez donc la cohorte des petits élus ruraux qui jettent l'éponge ?

Oui , il y a un ras-le-bol. Notre quotidien est infernal. Une responsabilité de tous les instants, tous les jours, tous les soirs, des réunions en permanence... j'étais parfois jusqu'à deux heures du matin à répondre à des mails. Au détriment de toutes vos acitivités, de votre vie personnelle. Pour une indemnité de 500 euros par mois. J'ai une secrétaire qui part à la retraite, ou des agents municipaux qui ne gagnent rien du tout.   

Vous n'êtes pas soutenus dans vos projets ? 

Des lois et des réglementations imposées pour tout. L'Etat ne veut plus des petites communes rurales. On ressent le mépris d'en haut pour les petits maires des communes rurales. On ne décide de rien localement. On n'a plus aucun moyen pour nos projets. Quel est l'intérêt d'être maire aujourd'hui ? Aucun. Quel poids a le petit maire d'Aillon parmi les 80 et quelques élus du conseil communautaire du Grand Chambéry ? Aucun. Et il ne faut rien dire. Il faut se taire !