Économie – Social

Denis Clerc : "Je ne crois pas aux 32 heures, mais à une réduction du temps de travail"

Par Stéphane Parry, France Bleu Bourgogne mercredi 31 août 2016 à 11:30

Aux 32 heures de travail hebdomadaire, Denis Clerc préfère la mise en place des congés de formations ou parentaux pour réduire la durée du temps de travail
Aux 32 heures de travail hebdomadaire, Denis Clerc préfère la mise en place des congés de formations ou parentaux pour réduire la durée du temps de travail -

Denis Clerc fait partie des 150 personnalités qui ont signé un manifeste paru dans la revue Alternatives Economiques, un texte qui relance le débat sur la réduction du temps de travail. Le fondateur du magazine économique était ce mercredi matin, l'invité France Bleu Bourgogne.

Stéphane Parry : Denis Clerc, vous n'êtes pas favorable aux 32 heures de travail hebdomadaire. Pour quelle raison ?

Denis Clerc : "je ne crois pas aux 32 heures. C'est un raisonnement purement arithmétique. Toutes les entreprises n'ont pas la même capacité à réduire le temps de travail. Il ne faut pas que la mesure soit obligatoire. on ne refera pas les 35 heures, ça a créé dans l'opinion une vague de mécontentement. Il faut donc trouver autre chose. Il faut laisser de la souplesse aux entreprises. Cela dit je pense que la réduction du temps de travail est nécessaire. Nous savons que la croissance sera faible dans les années à venir. Cette croissance ne va pas créer beaucoup d'emplois. Face à 3,5 millions de chômeurs, il faut créer des emplois. La réduction du temps de travail à condition qu'elle soit acceptée et négociée, et qu'elle ne se traduise pas par un coût salarial supplémentaire est une solution."

Si on passe pas aux 32 heures, qu'elles sont les pistes qui peuvent créer des emplois?

Il existe une multitude de possibilité : il y a les congés de formations, les congés sabbatiques, le congés parental. Avec la création du compte personnel d'activité, le salarié peut accumuler des points et les utiliser en réduction du temps de travail. En compensation, il y aurait une embauche de l'employeur. Si il n'y a pas de coût salarial supplémentaire, des emplois seront créés, peut-être 500 000 emplois au cours des années qui viennent.

La souplesse que vous réclamez, c'est aussi ce que prône le Medef !

Oui, mais le Medef n'a pas forcément tort sur toutes les positions qu'il prend ! Certaines entreprises ont des marges de manœuvre importante parce qu'elle gagne bien leur vie. La difficulté de la réduction du temps de travail est là : il faut s'adapter au contexte de chaque entreprise au lieu d'imposer une règle qui risque de mettre dans l'embarras les entreprises.

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