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Économie - Social

Marché de Noël de Strasbourg : un collectif se mobilise contre l'arrêté "anti-mendicité agressive"

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

L'inauguration du marché de Noël à Strasbourg marque la réactivation de l'arrêté anti-mendicité, une expérimentation menée sur trois zones de l'hyper centre. Le collectif En marge s'est créé pour dénoncer une mise au ban des sans-abris.

Depuis la réactivation de l'arrêté "anti-mendicité agressive" à Strasbourg pendant le marché de Noël en décembre 2019, un collectif se mobilise.
Depuis la réactivation de l'arrêté "anti-mendicité agressive" à Strasbourg pendant le marché de Noël en décembre 2019, un collectif se mobilise. © Maxppp - ATELIER D'IMAGES /BELPRESS

Strasbourg, France

Le marché de Noël est de retour à Strasbourg, l'arrêté anti-mendicité agressive aussi. Déjà mis en place pendant la période estivale, il a été réactivé samedi 23 novembre et pour toute la durée du marché. Une expérimentation sur trois zones de la grande île (la place du Marché-Neuf, la place du Temple-Neuf et la rue des Grandes-Arcades). Fin décembre, la mairie doit décider si elle conserve, étend ou suspend cet arrêté ou non.

Plusieurs citoyens et associations venant en aide aux sans-abris ont décidé de se regrouper sous le nom En marge. Ce collectif est vent debout contre l'arrêté et notamment la dimension floue de "mendicité agressive". Steve a été sans-abris pendant huit ans, il a mendié pendant trois ans, pour lui, cette notion n'a pas de sens "C'est contre-productif, les gens ne vous donnent plus ensuite si vous êtes agressifs". Le collectif a manifesté vendredi 22 novembre au moment de l'inauguration du marché de Noël.

Germain, membre également du collectif explique : "Ça n'ajoute rien au cadre légal existant, il est déjà possible de réprimer l'ivresse sur la voie publique par exemple. ça ne sert qu'à stigmatiser encore plus des personnes qui sont déjà dans une situation de précarité." Pour le collectif, cet arrêté vise tout simplement à écarter les sans-abris de l'hyper-centre : "On les voit de moins en moins depuis l'ouverture du marché de Noël, on leur fait sentir qu'ils ne doivent pas rester là, c'est inacceptable dans une ville qui se dit hospitalière" poursuit Germain.

La mairie se défend de vouloir écarter les sans-abris du centre

Roland Ries, à l'origine de cet arrêté, rejette cette accusation : "Je ne veux pas brider en quoi que ce soit la mendicité et je ne veux pas qu'on dénature ce que je pense. Ce sont des personnes dans le besoin qui tendent la main, c'est n'est pas la même chose que la mendicité agressive." Le maire de Strasbourg détaille cette notion : "ça devient agressif lorsque des personnes qui sont parfois en détresse, parfois aussi se sont des réseaux, se mettent devant des parkings pour demander de l'argent aux personnes qui se garent. S'ils ne le font pas, ils rayent leur voiture." 

Le maire fait référence à un groupe qui a opéré dans le centre, ce que Steve regrette : "Un groupe fait n'importe quoi et tout le monde paye." Le maire évoque aussi un autre type de mendicité agressive selon lui : "Se coucher de tout son long sur la voie publique en vous tendant un gobelet, c'est une nouvelle forme de mendicité qui ne me paraît pas raisonnable". Mais pour Steve, devenu bénévole dans une association qui s'occupe des chiens des personnes à la rue, est catégorique : cet arrêté vise les sans-abris avec des chiens. "Ils reçoivent déjà des amendes pour tout et n'importe quoi, sauf qu'en face, on ne leur propose pas de solution, il n'y a que 17 places dans des logements de stabilisation pour 70 chiens et aucune place d'urgence" détaille Steve.  

Le collectif lance un appel aux candidats à la mairie

Cette mesure arrivant pendant une période électorale, le collectif va plus loin et lance un appel aux candidats à la mairie : "On demande de retirer cet arrêté, pour nous c'est un symbole de l'inhospitalité de Strasbourg, comme l'existence du mobilier anti-SDF qui pourrait être interdit, comme le fait que des cafés arrêtent de servir des boissons chaudes car ça permet de virer ceux qui restent la journée pour être au chaud au profit des personnes sortent du boulot et qui ont plus de pouvoir d'achat", explique Guillaume, membre du collectif et de diverses associations strasbourgeoises comme Abribus en ajoutant : "Ce sont d'autres indices que les plus démunis sont indésirables dans la fonction marchande de la ville."

La ville met en avant le fait qu'elle a mis en place 100 lits supplémentaires cette année, alors qu'il ne s'agit pas de sa compétence (cela relève de l'Etat normalement), mais aussi le plan "un chez soi d'abord". C'est un début confirme le collectif En marge qui demande d'accélérer sur ce sujet. Trois sans-abris sont morts à Strasbourg en un mois.

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