Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Dernier jour de travail pour les 92 salariés de Coop Atlantique à Ingrandes

vendredi 26 janvier 2018 à 5:35 Par Adrien Bossard, France Bleu Poitou

C'est la fin d'une histoire née il y a 50 ans. Dernier jour de travail ce vendredi pour les 92 salariés de l'entrepôt Coop Atlantique, ce site site d'approvisionnement des magasins U à Ingrandes, dans la Vienne. Les employés vont se retrouver au chômage.

Après 50 ans d'existence, l'entrepôt de la Coop restera porte close définitivement.
Après 50 ans d'existence, l'entrepôt de la Coop restera porte close définitivement. © Radio France - Adrien Bossard

Ingrandes, France

Une page se tourne à Ingrandes, au nord de Châtellerault. 50 ans après sa création, l'entrepôt de la Coop Atlantique, va définitivement fermer ses portes à la fin du mois de février, un mois qui sera consacré au déménagement du matériel vers les deux autres sites du groupe à Saintes et Condat-sur-Vienne, en Haute-Vienne. Pour les 92 salariés du Poitou, l'aventure s'arrête même plus tôt, dés ce vendredi. Ils se retrouveront au chômage, suite à la décision de la direction de licencier tous les employés du site.  

Pour Joël, magasinier de 53 ans, faire ses cartons n'a pas été simple. "C'est comme dans les films, vous prenez vos affaires dans votre vestiaire, vous videz votre bureau, et vous mettez ça dans un carton. Franchement, ça fait chier." Ne plus voir ses collègues, après 21 ans de boite, il a du mal à y croire. Rien que de l'imaginer, le magasinier en a des trémolos dans la voix. "Ce soir, ça va être difficile, je me dis que ne reviendrai plus là. Avec mes collègues, on va se faire une bouffe et ce sera terminé." 

"J'ai passé toute ma vie dans cette boîte, alors ça fait mal", Christian Triphose, délégué CGT

Cela fait pourtant 6 ans qu'il se prépare à cette journée après un premier plan de sauvegarde de l'emploi proposé en 2012. Mais maintenant que la fin approche, cela fait tout drôle. Francis, lui, vit ça comme la fin d'un cauchemar. Enfin, il va pouvoir passer à autre chose. "On entend parler de cette fermeture depuis 6 ans. On n'avait jamais tourné la page. C'est peut-être bien que ça arrive, parce qu'il y avait un ras-le-bol général, l'incertitude était trop pesante." 

Pour ce salarié de 48 ans, il faut désormais trouver un travail. "Je suis à la Coop depuis 22 ans, je ne sais plus ce que c'est", sourit-il amèrement. Seuls 5 salariés de l'entrepôt sont mutés dans d'autres site du groupe. Pour les autres, retour à Pôle Emploi. Francis va profiter des primes d'accompagnement négociées par les syndicats pour rebondir. "Il me reste 14 années avant de toucher ma retraite à taux plein. J'ai quelques touches, en intérim surtout. Il ne faut rien négliger, je sais que je vais retrouver un emploi."

Il reste malgré tout un sentiment de rancœur, qui lui ne partira peut-être jamais. "Honnêtement, c'est un sentiment d'injustice, reconnait Christian Triphose, délégué CGT. Et de dégoût aussi. Il aurait fallu investir dans ces locaux, mais ça n'a pas été fait. On les a laissés vieillir volontairement, pour mieux nous pousser dehors. Car aujourd'hui, on nous dit que le site n'est plus rentable. Moi, je suis né à Ingrandes, ça fait 40 ans que je travaille ici, j'ai passé toute ma vie dans cette boite, alors ça fait mal."

Les lettres de licenciement envoyées le 14 février

Les 92 salariés se verront tous notifier leurs lettres de licenciement le 14 février. Chrisitian Triphose le promet, il ne l'ouvrira pas, elle ira direct à la poubelle.

Le reportage d'Adrien Bossard