Économie – Social

Des agents hospitaliers entament une grève de la faim au CHU de Limoges

Par Françoise Ravanne, France Bleu Limousin et France Bleu lundi 20 mars 2017 à 18:20

4 syndicalistes font la gréve de la faim pour dénoncer la souffrance des personnels du CHU
4 syndicalistes font la gréve de la faim pour dénoncer la souffrance des personnels du CHU © Radio France - Françoise Ravanne

Quatre agents hospitaliers du CHU de Limoges, syndiqués CGT et SUD, ont décidé de mener une action sans précédent pour dénoncer le manque de moyens humains à l’hôpital. Ils ont entamé ce lundi une grève de la faim pour exprimer la souffrance des personnels et dénoncer l'attitude de la direction.

C'est dans le hall du CHU de Limoges que les grévistes de la faim, tous syndicalistes, ont installé leur campement pour exprimer la colère des personnels. Ils entendaient ainsi se faire entendre de leur direction qui jusqu'alors fait la sourde oreille selon eux, mais aussi interpeller les usagers en faisant signer une pétition, qui est aussi en ligne. "On a tout essayé et on n'est pas entendus, jamais je n'ai vu le service public de l'hôpital dans un tel état", explique Jacqueline Lhomme-Léoment, infirmière depuis 40 ans et qui fait partie des quatre grévistes de la faim.

"Je ne supporte plus de voir les collègues pleurer" Florence Metge

Par cette action extrême, les syndicats espèrent enfin obtenir des embauches suffisantes pour assurer ne serait-ce que les remplacements dans tous les services qui sont au bord de l'explosion, selon la CGT et SUD. Pour la représentante CGT du CHU de Limoges Florence Metge, la situation ne peut plus durer. "On rappelle les personnels pendant leurs congés, je vois mes collègues fondre en larmes et qui n'en peuvent plus" explique t-elle, et jusqu'à présent, la direction ne nous propose que quelques embauches bien en deça des besoins, ajoute t-elle.

"Nous sommes décidés à aller jusqu'au bout " Thierry Collas, gréviste de la faim

Il y a pourtant 900 précaires qui travaillent au CHU de Limoges et les deux syndicats réclament l'embauche de ceux qui sont là depuis au moins 4 ans. La gréve de la faim est le moyen de pression que nous avons choisie pour faire plier la direction, explique les grévistes de la faim dont Thierry Collas, aide-soignant et secrétaire général de SUD-Santé en Haute-Vienne. " Nous aurions pu bloquer, casser... mais nous ne savons que soigner les gens et si nous mettons notre santé en danger, c'est pour montrer que celle des usagers est aussi en danger" explique t-il.

Une action pour interpeller également tous les candidats à la présidentielle.