Économie – Social

Des agriculteurs des Pays de la Loire s'inscrivent symboliquement à Pôle Emploi

Par Alexandre Blanc, France Bleu Loire Océan jeudi 10 septembre 2015 à 7:00

Faute de revenus, des agriculteurs s'inscrivent à Pôle Emploi
Faute de revenus, des agriculteurs s'inscrivent à Pôle Emploi © Radio France - Alexandre Blanc

À l'appel de la Coordination rurale, une trentaine d'agriculteurs se sont rendus à l'agence Pôle Emploi de Nantes-Haluchère. À force de ne pas être payés au juste prix, ils craignent de finir au chomage.

Une trentaine d'agriculteurs se sont présentés à l'agence de Nantes-Haluchère pour s'inscrire en tant que chomeurs ce mardi en début d'après-midi. L'action est symbolique car en tant que chefs d'entreprise, les agriculteurs ne cotisent pas à l'assurance chomage et ne peuvent donc pas percevoir d'indemnités de Pôle Emploi. Toucher des aides, ce n'est d'ailleurs pas ce que réclame la Coordination rurale. "Les aides européennes de 500 millions d'euros, ça représente 46 euros par exploitation. Les aides non ! On veut des prix payés à leur juste valeur", clame Xavier Bussonnière, cuniliculteur, éleveur bovin et céréalier à Saint-Hilaire-le-Vouhis, en Vendée. Xavier vend le kilo de lapin 1,75 € alors que sa production lui coûte plus de 2 euros.

"À 36 ans, je suis une charge pour mes parents" - Xavier Bussonnière, éleveur

La Coordination rurale a ressorti les slogans des années 90 toujours d'actualité - Radio France
La Coordination rurale a ressorti les slogans des années 90 toujours d'actualité © Radio France - Alexandre Blanc

"Nourrir les hommes mérite un digne revenu", "Des prix, pas des primes". La Coordination rurale a ressorti les panneaux conçus pour les manifestations des années 1990. Les slogans sont toujours d'actualité. Le syndicat attend une meilleure régulation du marché à l'échelle européenne et l'instauration de prix minima garanti au moins égaux au prix de revient afin de lutter contre le déclin du métier. "De l'emploi, il y en a dans l'agriculture. Mais il n'y a pas de quoi payer les salaires", s'indigne Laurent Rivereau, le président de la Coordination rurale des Pays-de-la-Loire. À chaque agriculteur qui met la clé sous la porte, 6 à 7 autres emplois induits sont affectés, salariés de l'agro-alimentaire, fournisseurs ou encore vétérinaires.