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Économie – Social

TÉMOIGNAGES - Trois anciennes salariées du magasin Leclerc de Bellaing dénoncent du harcèlement moral

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Par , France Bleu Nord

Trois anciennes salariées du pôle comptabilité du magasin Leclerc de Bellaing, dans le Nord, ont saisi la justice pour harcèlement moral de la part de leur supérieure. Le conseil des prud'hommes de Valenciennes les a déboutées, mais elles ont décidé de faire appel.

3 anciennes salariées de Leclerc dénoncent du harcèlement moral (photo d'illustration)
3 anciennes salariées de Leclerc dénoncent du harcèlement moral (photo d'illustration) © Maxppp - maxppp

Bellaing, France

Déboutées par le conseil des prud'hommes de Valenciennes, trois anciennes salariées du magasin Leclerc de Bellaing, dans le Nord, annoncent leur intention de faire appel. Elles dénoncent des faits de harcèlement moral au pôle comptabilité de leur ancienne entreprise. L'une d'elles, Laurie, a encore beaucoup de mal à parler de ce qu'elle a vécu à son ancien poste sans pleurer. Propulsée du jour au lendemain assistante de direction sans aucune formation, la jeune femme dénonce une surcharge de travail intenable, une polyvalence difficile à supporter entre la comptabilité, l'informatique et en cas de rush, la caisse ou le rayon boulangerie du magasin. 

Elle pointe du doigt une supérieure qui la prenait dit elle pour son "larbin" pour aller chercher des gobelets, des ramettes de papier, etc. Et puis aussi une volonté d'obtenir des informations sur les autres salariés, de les dénoncer. Après plusieurs années de souffrance, elle a décidé d'alerter son patron, mais qui n'a pas forcément réagi. "De là, descente aux enfers, on ne sait plus comment réagir, on ne sait plus ce qui est bien ce qui est mal... On s'enfonce et puis on s'effondre et pour s'en sortir c'est compliqué... Je dormais et je pleurais et quand vos enfants vous regardent et vous disent 'qu'est-ce qu'il y a maman ?' ça fait mal au cœur."

"On ne sait plus ce qui est bien ou ce qui est mal"

Un rapport de la médecine du travail stipule d'ailleurs que Laurie qui a des idées suicidaires est en danger imminent et qu'elle ne peut plus travailler dans l'entreprise. Jugée inapte elle a du être licenciée et elle a aujourd'hui trouvé un autre travail.

le reportage de Rafaela Biry-Vicente

Surcharge de travail et propos vexatoires

Sarah elle aussi dénonce une surcharge de travail insoutenable. "Je ne mangeais pas, je bossais pour pouvoir rattraper mon retard sur tout ce qui m'avait été confié. J'étais devenue un cadavre, j'étais descendue à 47 kg. C'était devenu un calvaire." Et la jeune maman dénonce aussi des propos intolérables."J'ai accouché d'un très grand prématuré qui est né à 600 grammes , il m'a été dit que j'avais fait exprès d'accoucher à six mois de grossesse pour pouvoir prolonger mon congé parental ! Limite j'avais du sang qui coulait de mes yeux tellement j'ai été touchée au plus profond. J'ai eu très mal."

"J'étais devenue un cadavre, j'étais descendue à 47 kg"

Le 29 mai 2019, le conseil des prud'hommes de Valenciennes a estimé que les preuves du harcèlement moral n'étaient pas suffisantes et les a condamnées à payer 1500 euros chacune pour les frais d'avocat.

Mais pour leur avocat Stéphane Dominguez le harcèlement moral est bien caractérisé vu le nombre d'attestations médicales notamment. Les trois femmes ont donc décidé de faire appel pour être reconnues en tant que victimes et pour stopper des pratiques qui, selon elles, perdurent dans le magasin.

La direction du magasin, sollicitée à plusieurs reprises, n'a pas répondu à nos demandes d'interviews.