Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie - Social
Dossier : Mouvement de grève contre la réforme des retraites

Des enseignants de Savoie sont prêts "à bloquer le pays."

-
Par , France Bleu Pays de Savoie

INTERVIEW - La fronde contre la réforme des retraites grossit et se structure autour des lycées de Chambéry, et même plus largement chaque jour. Prêts pour une grève de plusieurs semaines, les enseignants créent "un comité d'action et de grève interprofessionnel".

Les profs aussi unis que leurs syndicats : SNES, FO et FSU
Les profs aussi unis que leurs syndicats : SNES, FO et FSU © Radio France - Christophe Van Veen

Ce mardi 10 décembre est marqué par une nouvelle journée d'action nationale contre la réforme des retraites. Mais pour les enseignants, la grève ne s'est pas arrêtée depuis jeudi dernier. Ils mènent une "grève continue". Leur mouvement se structure. Le "collectif inter-bahuts" de l'agglomération de Chambéry s'est créé vendredi dernier, il vient d'évoluer, il est devenu ce lundi  "comité d'action et de grève interprofessionnel". 

Voté ce lundi en assemblée générale au Lycée Vaugelas de Chambéry, ce comité est vraiment élargi . Géographiquement, d'abord. Aux côtés des lycées de Chambéry  (Monge, Vaugelas), on retrouve des établissements de Pont-de-Beauvoisin (Pravaz), de Maurienne, et aussi des collèges tels que ceux de Saint-Genix-sur-Guiers et Saint-Pierre-d'-Albigny , sans oublier les écoles primaires (école du stade, école bois vert, etc..) .   

L'idée est aussi d'accueillir les salariés du secteur privé. Quel est le sens de ce comité d'action et de grève interprofessionnel ? 

Trois professeurs du lycée Monge de Chambéry nous font part de leur détermination, à la sortie de leur assemblée générale.

"Tout le monde est perdant avec la réforme."

Myriam Chatel, du syndicat SNES : - C'est la volonté de travailler ensemble, et pas chacun dans son coin. C'est une demande qui est venue lors de nos tractages. On nous demande d'être plus visibles. Ce comité interprofessionnel nous aidera à être plus efficaces, et à montrer qu'on est là. Si on est seuls, le mouvement perd vite son souffle. 

Pierre Garido, Force Ouvrière : - Et c'est l'idée qu'on n'est pas tout seuls. On envoie ce message aux parents d'élèves qui travaillent dans le privé. La réforme ne détruit pas que les régimes spéciaux, elle frappe tout le monde. Le privé perdra 20 à 30 %. Nous, c'est vrai, nous serons les plus impactés avec une perte de 40 %. Mais, au final, tout le monde est perdant.

France Bleu Pays de Savoie : - Avez-vous connu un mouvement d'une telle ampleur ? 

Myriam Chatel : - Il y a longtemps que nous n'avons pas été aussi solidaires et déterminés, avec la volonté de se rencontrer régulièrement.

Christophe Pocachard, professeur de mathématiques : - Personnellement, j'ai débuté en 1995. C'est un peu notre point de repère. On essaie de créer la même dynamique inter-professionnelle. On est loin d'un combat corporatiste, comme veut le faire croire la communication du gouvernement. 

Bloquer le pays

Myriam Chatel : - On est tous touchés. C'est pour ça qu'on a la volonté de bloquer le pays. 

France Bleu Pays de Savoie : - Bloquer le pays, carrément ?

Myriam Chatel : - Si on veut se faire entendre, apparemment, il n'y a que ça qui marche. On ne fait pas une grève "saute-mouton", un jour par-ci, un jour par-là. Partout, il y a des gens qui font la grève en continu, c'est mon cas. Bien sûr, il y a des temps forts comme jeudi dernier où 74 % des collègues étaient en grève, ou bien ce mardi, on l'espère.

Pierre Garido : La grève perlée des cheminots n'a rien donné. Les grèves "saute-mouton" fatiguent les personnes. On n'a pas le choix. Une grève continue et déterminée pour bloquer le pays. 

France Bleu Pays de Savoie : - Quitte à pénaliser les élèves ?

Myriam Chatel : - Pas forcément. on rattrapera.

Christophe Pocachard : - On compte aussi sur la solidarité des parents d'élèves. Parce que, comme on l'a dit, ils seront aussi touchés que nous. 

Pas grand-chose à attendre du Premier Ministre et du ministre de l'Éducation Nationale

France Bleu Pays de Savoie : - Edouard Philippe va détailler son plan mercredi. Cela peut-il stopper votre mouvement ?

Pierre Garido : - Je ne crois pas. On a l'expérience des gilets jaunes. La réponse a été le grand débat national, puis une grande violence. 

Myriam Chatel : - Ce que l'on sait des annonces ne nous donne pas confiance. On se réunira dans la foulée de toute façon. 

France Bleu Pays de Savoie : - D'aucuns diront que votre mouvement est un énième épisode de l'incompréhension avec votre ministre Jean-Michel Blanquer. 

Myriam Chatel : - Ffff... L' "école de la confiance"... Oui, la confiance, elle est perdue ! Quand il nous promet de nous augmenter pour compenser la baisse des retraites... Cela fait dix ans que le point d'indice est gelé. On n'y croit pas ! On a calculé qu'il fallait qu'on soit augmentés de 21 % pour compenser. Pour l'instant, on nous annonce 30 ou 40 euros par mois ! Excusez-moi, mais ça fait sourire tout le monde.  

Prêts à tenir

France Bleu Pays de Savoie : - Vous êtes prêts à faire grève combien de temps ?

Myriam Chatel : - Jusqu'à Noël s'il le faut. Plus, même. Quand on voit ce qu'on va perdre si la loi passe, c'est un "bon investissement". 

Christophe Pocachard : - Quand on nous annonce 600 ou 800 euros de perte par mois, pour nos pensions, on peut faire un mois de grève, ce sera vite amorti.  

  • Savoie
Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu