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Économie – Social

Des polos made in France fabriqués avec du coton de Montréal-du-Gers

lundi 6 août 2018 à 7:50 Par Maïwenn Bordron, France Bleu Gascogne, France Bleu Occitanie et France Bleu

Dans quelques jours, les cent premiers polos de la marque Jean Fil seront commercialisés. Ils ont été fabriqués avec les cent kilos de coton à Montréal-du-Gers. Une plantation unique en France lancée par trois jeunes du village.

Yohan de Wit, un des trois fondateurs de Jean Fil, dans le champ de coton de Montréal-du-Gers. Il porte le prototype du polo qui va être bientôt vendu.
Yohan de Wit, un des trois fondateurs de Jean Fil, dans le champ de coton de Montréal-du-Gers. Il porte le prototype du polo qui va être bientôt vendu. © Radio France

Des polos 100 % made in France avec du coton cultivé dans le Gers : une première en France.

Derrière la marque de polos Jean Fil, se cachent trois membres de la même famille de Montréal-du-Gers, un village de 1200 habitants. Il y a deux ans, Yohan de Wit et ses deux beaux-frères, Médéric et Samuel Cardeillac, se sont lancés dans une plantation de coton. Les premières graines ont été semées en 2016, les cent premiers kilos de fibre ont été récoltés l'année dernière. Dernière étape cet été : la commercialisation des cent premiers polos de la marque. Ils devraient être ouverts aux pré-ventes, à partir du 10 août.

Une "idée saugrenue" pour assurer un revenu pérenne

Le polo Jean Fil - Radio France
Le polo Jean Fil © Radio France

Ils ont été réalisés entièrement en France, grâce à des partenariats noués avec plusieurs industriels français, et devraient coûter aux alentours de 120 euros. "Nous les avons fait tricoter chez Guy Herard, chez Aube tricotage, nous les avons fait teindre chez France teinture. Là, ils sont actuellement en tissus chez les établissements Chanteclair, c'est une bonneterie qui va les découper et les coudre. Ensuite, ils vont aller chez Sobrofi-Sérimar pour le brodage. Nous pourrons alors les récupérer pour pouvoir les vendre", énumère Yohan de Wit. Le logo de Jean Fil, brodé au niveau du cœur, représente un plant de coton à trois branches, un clin d’œil aux trois associés. Ils ne savent pas du tout si le polo va plaire et devraient ensuite ajuster leur production de coton en fonction des premières ventes. Ils ont déjà doublé la surface du champ de coton, qui fait désormais quatre hectares, soit environ 25 000 plants.

Une idée "saugrenue", comme le reconnaît Yohan de Wit, mais qui a plu à ses beaux-frères, tous deux agriculteurs. Ils cultivent déjà des tournesols, du maïs, du soja, du blé ou encore des vignes. Le coton transformé en polo, c'est donc pour eux une façon d'assurer un revenu plus pérenne face aux prix volatiles des denrées. "Nous ne maîtrisons ni la quantité de récolte ni le prix de vente. Pour nous, c'est donc une valeur ajoutée de pouvoir maîtriser le prix de vente", précise Médéric Cardeillac.

30 000 euros d'investissement

Le champ de coton fait 4 hectares - Radio France
Le champ de coton fait 4 hectares © Radio France

La parcelle de coton est cachée derrière les champs de tournesols et de maïs de la famille Cardeillac. Il est donc impossible de la voir depuis la départementale 15 qui passe devant l'exploitation. Les trois fondateurs de Jean Fil veulent éviter les "visites curieuses et inattendues du public", confie Yohan de Wit. Car une culture atypique attire forcément les convoitises : comment ont-ils fait pour faire pousser du coton en France ? "Nous avons mis de l'argent en recherche et développement, nous avons fait des erreurs, nous apprenons de nos recherches, nous n'avons pas été aidés pour développer le plant dans le sud-ouest. Donc toutes nos recherches, elles nous sont propres et nous souhaitons les garder pour nous", explique Yohan de Wit. Environ 30 000 euros ont été investis au total dans le projet par les trois fondateurs de Jean Fil. Il a fallu trouver une bonne semence, ainsi qu'une terre adaptée à ce type de graines. Après une première année de test et la perte d'un hectare de coton, les résultats sont concluants : les plants de coton s'épanouissent sous le soleil du Gers.

La semence a lieu au printemps et la récolte vers le mois d'octobre. Le coton vient en fait d'une fleur jaune, qui prend une couleur rosée quand elle est fécondée. Elle tombe pour laisser apparaître une boule : elle sèche et se transforme en fibre blanche.

La fleur jaune du coton : première étape avant la transformation en fibre - Radio France
La fleur jaune du coton : première étape avant la transformation en fibre © Radio France

Le coton est une culture autonome qui n'a pas besoin d'être arrosée. D'ailleurs, depuis que les plants ont été semés au printemps, seule la pluie a alimenté le coton en eau. Actuellement, les trois associés s'inquiètent un peu de la canicule, car contrairement aux idées reçues, le coton ne s'épanouit pas avec des températures trop élevées. "Le coton s'arrête de pousser en dessous de zéro degré, il meurt et il arrête sa croissance au-dessus de 37 degrés", détaille Yohan de Wit. Les températures doivent baisser à partir de cette semaine, ce qui augure de beaux jours pour le coton Jean Fil.