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Économie – Social

Des salariés de WN en colère manifestent dans le centre-ville d'Amiens

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Par , France Bleu Picardie

C'est la première fois qu’ils se mobilisaient en dehors du parking de leur usine. Une centaine de salariés de WN ont défilé entre leur entreprise et la mairie d’Amiens ce jeudi pour dire leur colère et leurs inquiétudes quant à leur avenir.

Les salariés de WN se sont installés sur les marches de le maire d'Amiens
Les salariés de WN se sont installés sur les marches de le maire d'Amiens © Radio France - Calaudia Calmel

Amiens

Ils sont une petite centaine à avoir quitté le parking de l'usine WN, quartier Montières, ce jeudi en début d'après-midi pour rejoindre le centre-ville d’Amiens. 

Des salariés qui partagent tous la même crainte : être licenciés cet été. WN, le repreneur de l'usine Whirlpool, a -en effet-  été placé en redressement judiciaire le 3 juin 2019. L'entreprise était notamment censée produire des casiers réfrigérés,  des cages d’ascenseur et des voiturettes électriques mais l'activité est au point mort. 

Ne pas «être licenciés dans l’anonymat » 

Cette manifestation vers le centre-ville n’a pas été décidée au hasard. Christophe est l’un des organisateurs. Il ne se fait plus beaucoup d’illusions pour la suite : « Nos lettres de licenciement vont arriver mi-août, pendant nos vacances. On ne voulait pas être licenciés dans l’anonymat et dans l’indifférence générale. On veut montrer à la ville, à la région, que dans ce contexte de mondialisation toutes nos entreprises risquent de partir petit à petit. Et ce sera à chaque fois des camouflets. Comme pour nous. » 

Il n'y a pas que des salariés de WN dans le cortège. Virginie est là avec ses deux petits garçons pour soutenir son conjoint. Elle est effrayée par la perspective d'un deuxième licenciement en un an : « Ça commence à faire beaucoup. On a cinq enfants, huit à nous deux : ça fait du monde, il faut les nourrir. En plus, on a un crédit immobilier à rembourser. Et moi, je ne travaille pas. C’est dur. »

Virginie est venue soutenir son conjoint avec deux de leurs enfants - Radio France
Virginie est venue soutenir son conjoint avec deux de leurs enfants © Radio France - Claudia Calmel

Monsieur Macron disait qu’il faut savoir changer de trottoir pour trouver du boulot. C’est ce qu’on a fait !

Beaucoup d'anciens Whirlpool ont dû suivre des formations pour intégrer le projet  WN. Du temps perdu pour Francky qui passe actuellement un diplôme de soudeur : « On y a cru, on a voulu changer de métier. On est partis en formation pendant un an. Monsieur Macron disait qu’il faut savoir changer de trottoir pour trouver du boulot. C’est ce qu’on a fait ! On a changé de trottoir en faisant ces formations, mais là, on reprend une deuxième claque dans la tête. » 

Francky a entamé une formation de soudeur pour les besoins du projet WN - Radio France
Francky a entamé une formation de soudeur pour les besoins du projet WN © Radio France - Claudia Calmel

Une fois arrivés en centre-ville, les salariés de WN se sont installés sur les marches de la mairie d'Amiens. Une délégation a été reçue par le maire, Brigitte Fouré. Farid, les yeux dans le vague, commence à regretter de ne pas avoir profité du plan Whirlpool l'an dernier : "Si j’avais su, je serai parti. Je n’aurai vraiment pas signé. Il y a un peu plus d’un an, on a eu une visite d’Emmanuel Macron sur le site d’Amiens. Il est venu me serrer et la main et m’a demandé ce que je comptais faire : rester avec me repreneur ou partir. Je lui ai dit que je ne savais pas encore. Il m’a dit ‘restez, c’est un projet fiable.’ Finalement, c’était du mensonge, du baratin. _Je me suis fait enfumer_."

Les repreneurs potentiels ont jusqu’à ce vendredi 12 juillet pour déposer leurs offres. Le tribunal de commerce d'Amiens rendra sa décision les 26 juillet. WN emploie 160 salariés