Économie – Social

Deux manifestations d'intermittents du spectacle en Drôme Ardèche

France Bleu Drôme-Ardèche vendredi 28 février 2014 à 8:15

La manifestation des intermittents du spectacle contre le Medef à Guilherand Granges en Ardèche, le 27 février 2014.
La manifestation des intermittents du spectacle contre le Medef à Guilherand Granges en Ardèche, le 27 février 2014. © Radio France - Benjamin Billot

Deux manifestations d'intermittents ce jeudi : la première à Lussas, dans le Sud Ardèche, a rassemblé une trentaine de personnes. La deuxième à Guilherand-Granges où ils étaient une soixantaine devant le bureau du Medef. L'objectif est de mettre la pression sur le patronat qui veut supprimer ce régime d'indemnisation chômage propre aux métiers du spectacle.

Pourquoi en Drôme Ardèche comme dans le reste de la France les intermittents se remettent à manifester ? Actuellement, les partenaires sociaux sont en pleine négociation sur l'assurance chômage et sur la table il y a donc notamment ce fameux régime spécifique des intermittents. Ce régime présente un déficit d'environ un milliard d'euros chaque année. C'est le chiffre publié par la Cour des comptes ; un milliard d'euros alors que le régime ne bénéficie qu'à 3% des demandeurs d'emplois.Pourquoi est ce que les intermittents ont un régime spécial ? Parce qu'ils ont des métiers spéciaux. Ils peuvent être des acteurs de théâtre, des ingénieurs du son, des techniciens de la télévision. Ce sont des gens qui enchaînent les contrats, les missions : ils sont dans une situation particulièrement précaire face à l'emploi et ils ont donc en compensation un régime plus favorable.A quel point ce régime est-il plus favorable ? Ils doivent cotiser moins longtemps pour être indemnisés : en gros trois mois et demi de travail leur suffisent pour être indemnisé huit mois alors qu'un salarié du régime général c'est en plutôt mois de travail pour huit mois d'indemnisation. Mais un des problèmes de ce dossier, c'est qu'il y a de plus en plus d'intermittents : cinq  fois plus aujourd'hui qu'en 1990. Et puis il y a des abus : des entreprises employent des intermittents à plein temps. C'est surtout des grosses boîtes de productions audiovisuelles Paris. L'avantage pour eux c'est qu'ils payent moins leurs salariés et le complétement de salaire est versé par l'assurance chômage.

Pierre Gattaz, président du Medef - Maxppp
Pierre Gattaz, président du Medef © Maxppp
Pourquoi le régime est si difficile à réformer ? Parce que les intermittents y tiennent à ce régime. On s'en souvient en 2003 : il y avait eu une première tentative de réforme et ça avait entrainer un mouvement de protestation massif qui au final il y avait des annulations de gros festivals, notamment le prestigieux festival d'Avignon. Et puis il faut dire aussi que c'est ce statut d'intermittent qui permet à beaucoup d'événements culturels en France d'exister. Même Laurence Parisot, l'ancienne patronne du Medef a critiqué la propostion de Pierre Gattaz, son successeur qui veut donc carrément supprimer le régime spécifique des intermittents. Laurence Parisot a écrit une tribune dans le journal Les Echos. Elle rapelle le rôle important du statut des intermittents dans la production culturelle en France.Après les manifestations d'hier qu'est ce qui va se passer ? Les partenaires sociaux se sont donnés jusqu'au 13 mars pour les négociations; mais en attendant hier les intermittents de Drôme Ardèche ont déjà prévus une autre manifestation le 12 mars à Crest, dans la Drôme.

(Reportage : Benjamin Billot)**

Deux manifestations d'intermittents du spectacle en Drôme Ardèche

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