Économie – Social

Deux éventuels repreneurs pour l'horloger ISA France de Villers-le-Lac

Par Fany Boucaud et France Bleu Besançon, France Bleu Besançon mercredi 14 décembre 2016 à 19:34

Audience au tribunal de commerce de Besançon mercredi pour les deux éventuels repreneurs d'ISA France
Audience au tribunal de commerce de Besançon mercredi pour les deux éventuels repreneurs d'ISA France - Fany Boucaud

Les deux éventuels repreneurs de l'horloger ISA France, à Villers-le-Lac dans le Doubs, avaient rendez-vous au tribunal de commerce de Besançon mercredi matin. L'entreprise est en redressement judiciaire. Décision attendue avant le 21 décembre.

ISA France, l’entreprise d’horlogerie de Villers-le-Lac dans le Doubs, implantée dans le Val de Morteau depuis 1984, a été placée en redressement judiciaire le 5 octobre. L'actionnaire chinois a décidé d'arrêter du jour au lendemain la production des mouvements à quartz pour motifs économiques. ISA France a bénéficié de six mois pour trouver un éventuel repreneur. Les jours suivant, neuf projets ont été présentés et ce sont finalement sept personnes qui ont visité l'entreprise au vue de faire une offre.

Deux repreneurs dans les microtechnologies

Il ne reste dorénavant que deux repreneurs potentiels pour ISA France. Ils sont passés tous deux en audience mercredi. Il y a d'abord VP Plast. L'entreprise est spécialisée dans la micro injection de précision dans tous les domaines. Elle est installée dans le Doubs aux Fins. Avec son projet, 35 salariés d'ISA France seraient gardés. Pour Frédérick Lamentin, le directeur de VP Plast, c'est avant tout garder un savoir-faire et les compétences d'ISA qui leur manquent dans leur développement.

Les deux éventuels repreneurs d'ISA France en attente de l’audience : Frédéric Lamentin (à gauche) et Joseph Puzo (à droite) avec son avocate - Aucun(e)
Les deux éventuels repreneurs d'ISA France en attente de l’audience : Frédéric Lamentin (à gauche) et Joseph Puzo (à droite) avec son avocate - Fany Boucaud

"C'est garder ici en Franche-Comté, un savoir faire qui nous manque dans notre entreprise" Frédérick Lamentin, directeur de VP Plast

Le second repreneur, c'est Joseph Puzo. Il est le président d'Axon Cable, 1800 salariés en France et à l'étranger, spécialiste de la connectique dans les domaines aéronautique, spatial et médical. L'entreprise est basée à Montmirail, dans la Marne. Avec sa proposition, 45 ouvriers d'ISA France garderaient leur travail dans l'usine de Villers-le-Lac.

"La compétence de miniaturisation d'ISA France est tout ce que nous recherchons dans nos domaines d'activités" Joseph Puzo, directeur d'Axon'Cable

Une diversification et des compétences recherchées

Ce qui permet à ISA France de se démarquer, c'est qu'il y a dix ans, l'entreprise s'est diversifiée dans les microtechnologies, en plus de l'horlogerie. Mais finalement, cela n'a pas suffi à éviter la liquidation. Le sort des 74 salariés est dorénavant entre les mains du tribunal. Pour Philippe Truchot, le directeur de l'entreprise, c'est un soulagement : "Il y aura des licenciements et nous devrons revoir notre budget à la baisse, mais au moins on continue l'activité."

Les représentants du personnel (au fond) attendent avec Philippe Truchot (au centre) directeur d'ISA France de pouvoir assister à l'audience - Aucun(e)
Les représentants du personnel (au fond) attendent avec Philippe Truchot (au centre) directeur d'ISA France de pouvoir assister à l'audience - Fany Boucaud

"L'esprit d'ISA France que nous avons essayé de mettre en place durant toutes ces années ne va pas disparaître. Mais ça va être difficile dans les prochains mois..." Philippe Truchot, directeur d'ISA France.

Les salariés se sont rendus compte que leurs compétences intéressaient beaucoup d'entreprises. Rémy Pourcelot, salarié depuis huit ans chez ISA France : "Ça lève un peu des inquiétudes que l'on avait sur notre avenir. Après, je ne pense pas que nous arrêterons complètement l'horlogerie."

"C'est un nouveau challenge qui nous est proposé. Après, on préfère garder une activité même si elle n'est pas dans l'horlogerie, plutôt que de tout perdre." Rémy Pourcelot, salarié d'ISA France

ISA France continue son activité en attendant la décision du tribunal de commerce de Besançon. Elle doit être rendue avant le 21 décembre.