Économie – Social

A Dijon, même ceux qui travaillent ont parfois besoin des colis du Secours populaire pour manger

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne jeudi 28 janvier 2016 à 18:35

Le Secours populaire distribue près de 900 colis alimentaires par mois.
Le Secours populaire distribue près de 900 colis alimentaires par mois. © Radio France - Marion Bastit

Tous les mois, le Secours populaire de Dijon distribue des colis alimentaires à près de 900 foyers en difficulté. Seul critère : avoir moins de cinq euros par jour de reste à vivre. Et parmi les bénéficiaires, il y a des chômeurs, des retraités, mais aussi des étudiants et des travailleurs pauvres.

Depuis mercredi, les caddies défilent devant les locaux du Secours populaire à Dijon. Tous les mois pendant trois jours, les bénévoles distribuent leur colis alimentaire mensuel aux bénéficiaires. En échange de quelques euros - trois euros pour une personne seule - ils repartent avec des produits de base. Ils ont le choix entre des pâtes ou du riz, du savon ou de la lessive, de la viande ou du poisson... et même quelques fruits et légumes donnés par des agriculteurs du coin.

Moins de cinq euros par jour pour vivre

Le reste des dons provient soit du Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD), soit d'entreprises agroalimentaires, et l'association complète en achetant les produits manquants grâce à l'argent des donateurs. A Dijon, les bénéficiaires sont de plus en plus nombreux. Ils sont 866 inscrits pour la distribution du mois de janvier, sélectionnés en fonction de leur reste à vivre. Une fois qu'ils ont payé leur loyer, leurs charges, leurs impôts et le remboursement de leurs crédits, il doit leur rester moins de cinq euros par jour pour vivre pour pouvoir bénéficier de ce colis alimentaire.

Chaque mois, les bénéficiaires ont le choix entre lessive, savon et adoucissant. - Radio France
Chaque mois, les bénéficiaires ont le choix entre lessive, savon et adoucissant. © Radio France - Marion Bastit

Parmi ces bénéficiaires, on trouve des chômeurs et des retraités, mais aussi des étudiants et même des travailleurs comme Aurélia, 25 ans. Pour trois euros, elle repart avec deux cabas et un sac à dos bourré à craquer. _« Quelques légumes, du riz, des pâtes, de la purée, quelques produits frais... énumère-t-elle. C'est le minimum vital. » D'autant qu'à deux, ça part très vite. « Au niveau des produits frais, on tient à peu près trois jours, estime-t-elle. Au niveau des produits secs, un peu plus d'une semaine, selon ce que je fais à manger. »_

"Il me reste une vingtaine d'euros par mois pour vivre" Aurélia, 25 ans

Même s'ils travaillent tous les deux, Aurélia et son conjoint Nicolas, charpentier en CDI, n'arrivent pas toujours à se payer à manger. Auxiliaire de vie scolaire, Aurélia aide un enfant handicapé à suivre les cours normalement. Mais avec quinze heures de travail par semaine, payées au Smic, les fins de mois sont plutôt difficiles. _« Je touche un peu moins de 500 euros par mois, et mon conjoint touche un peu moins de 1 200 euros par mois, explique-t-elle. Donc parfois, avec les factures et les prêts à rembourser, mon conjoint, il lui reste 200 euros et ça part dans l'essence, et moi il me reste une vingtaine d'euros qui servent à payer mon permis, pour pouvoir trouver plus facilement du travail. »_

Les produits viennent surtout d'un fonds européen et de dons d'entreprises. - Radio France
Les produits viennent surtout d'un fonds européen et de dons d'entreprises. © Radio France - Marion Bastit

En attendant d'avoir un vrai salaire, elle compte beaucoup sur les colis du Secours populaire. _« En échange, on donne autrement, raconte-t-elle. Je fais beaucoup de vide-greniers, donc quand on me donne des affaires dont je n'ai pas besoin, je les ramène ici pour aider d'autres personnes. »_ Ces vêtements garnissent les rayons de la boutique solidaire du Secours populaire, ouverte aussi en-dehors des distributions.