Économie – Social DOSSIER : Alstom Transport à Belfort : encore un avenir ?

Belfort : 2000 manifestants pour défendre Alstom Transport

Par Blandine Costentin, Nicolas Wilhelm et Emilie Pou, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu jeudi 15 septembre 2016 à 9:32 Mis à jour le jeudi 15 septembre 2016 à 12:29

Pour les salariés et les Belfortains, c'est un nouvel acte dans la mobilisation générale en faveur d'Alstom.
Pour les salariés et les Belfortains, c'est un nouvel acte dans la mobilisation générale en faveur d'Alstom. © Radio France - Emilie Pou

La manifestation contre la loi travail prévue ce jeudi a pris à Belfort des allures de mobilisation en faveur des salariés d'Alstom. Un cortège d'"Alsthommes" est parti de l'usine pour rejoindre le défilé syndical et former un cortège d'environ 2000 manifestants.

Nouvel acte dans la mobilisation générale autour d'Alstom Transport à Belfort. Après un premier rassemblement lundi soir devant l'hôtel de ville, puis le conseil municipal extraordinaire mercredi, la journée d'action contre la loi travail est devenue une journée pour le maintien des 450 emplois. Belfort défend ses "Alsthommes" et son usine de construction de locomotives, menacée de disparition d'ici deux ans. Environ 2000 personnes ont répondu à l'appel de l'intersyndicale.

"Alstom est dans la rue, Belfort est avec nous" :

Vers midi, c'est le début de la dispersion. Dans une ultime prise de parole, l'intersyndicale remercie la foule d'avoir répondu à son appel. Le mot d'ordre de cette mobilisation était : "Alstom est dans la rue, Belfort est avec nous." Le pari semble avoir été remporté. Les syndicats ont devant eux de nouvelles échéances : une journée "ville morte" le samedi 24 septembre et une journée de grève et de débrayage dans tout le groupe Alstom, mardi 27 septembre.

Devant Alstom Transport, à 11h30. La manifestation a rejoint son point de départ : l'usine de fabrication de locomotives.

On se sent soutenu" - Gregory, salarié d'Alstom

Les manifestants expriment à la fois leur détermination et leurs appels à l'aide. Pour Grégory, salarié d'Alstom, "c'est tout Belfort qui se sent concerné, on se sent soutenus". Le dossier fait la "une des infos" et il espère que cela aidera à faire plier la direction. Fabienne explique, elle, qu'elle a posé un jour de grève pour venir manifester. Son mari travaille chez Alstom, elle à l'hôpital : "Si on ne se mobilise pas maintenant, ce sera trop tard." Martine redoute de son côté que la fermeture de l'usine en appelle d'autres : "Après, on va devenir un désert !"

LIRE AUSSI : Tous les salariés d'Alstom en France appelés à la grève le 27 septembre

"Nous sommes Alstom Belfort" - Radio France
"Nous sommes Alstom Belfort" © Radio France - Emilie Pou

Retour vers l'usine. Après un passage en ville, la manifestation reprend vers 11 h la direction du site Alstom Transport. C'est tout un symbole : la mobilisation est vraiment tournée autour d'Alstom.

Maison du peuple de Belfort : c'est là que les deux rassemblements vont se fondre en un seul et même cortège. Vers 10h30, on compte environ 2000 manifestants. Pour le moment, c'est le temps des prises de parole syndicales.

Dans le rassemblement, des représentants d'autres entreprises : PSA Sochaux, le site historique du Pays de Montbéliard, GE, l'ex-Alstom Energies, racheté en 2015, hôpital de Belfort-Montbéliard... Il y a des Belfortains, mais aussi des habitants des du Doubs et de la Haute-Saône. Rappelons qu'il s'agissait au départ d'un rassemblement contre la loi travail. Ce jeudi matin, sur France Bleu Belfort Montbéliard, Sabine Verdant, de la CGT du Territoire de Belfort, a d'ailleurs rappelé la détermination syndicale sur ce sujet, malgré le vote de la loi : "Nous demandons le retrait de la loi travail".

LIRE AUSSI : Sabine Verdant (CGT Territoire de Belfort) : "Nous continuerons à lutter contre la loi travail"

Politiciens = polichinelles"

Mettre en avant la fierté d'être "Alsthommiens". De nombreux manifestants ont répondu à l'appel des syndicats qui souhaitent que les manifestants portent leur veste de travail. La classe politique, en revanche, en prend pour son grade : "Politiciens = polichinelles" et "Gouvernement Hollande menteur, complice des licencieurs", peut-on lire sur des banderoles.

Un premier cortège s'est formé à 9h30 devant la porte des Trois chênes, l'entrée de l'usine Alstom : environ 700 personnes se sont retrouvées sous la pluie qui commence à tomber. L'intersyndicale a appelé toute la population belfortaine à défiler aux côtés des salariés d'Alstom. Ce premier cortège va rejoindre la manifestation principale à 10 h, devant la maison du peuple. Les syndicats de GE, l'ex-Alstom Power vont participer, de même que des salariés de l'usine PSA de Sochaux.

Le reportage de Nicolas Wilhelm au départ du cortège :

Salariés d'Alstom et Belfortains : témoignages dans la manifestation.

Cette journée est une répétition générale, avant une journée "ville morte" à Belfort le 24 septembre et une journée de grève pour tous les salariés du groupe Alstom, le 27 septembre prochain.

Des commerces belfortains se sont mis au diapason de l'actualité et affichent leur soutien à l'usine historique.

Une motion adoptée à l'unanimité en conseil municipal

Dans une salle remplie de Belfortains, salariés d'Alstom et journalistes, le conseil municipal de Belfort a adopté en séance extraordinaire mercredi soir une motion pour la sauvegarde de l'usine. La réunion s'est tenue dans une ambiance assez tendue, les syndicalistes reprochant aux élus une certaine mollesse.

La motion va être envoyée au PDG d'Alstom, au Premier ministre Manuel Valls et au chef de l'Etat. "Ça ne sert à rien, Hollande va la ranger dans son tiroir" a lancé un militant syndical en quittant la salle.