Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Dix ans après la crise financière, que reste-t-il des emprunts toxiques à Saint-Étienne ?

dimanche 16 septembre 2018 à 19:06 Par Jeanne-Marie Marco, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

Sur les quinze emprunts toxiques contractés au début des années 2000, la ville de Saint-Etienne n'en a plus qu'un à gérer. L'ancien maire Maurice Vincent estime que la ville aura perdu 40 millions d'euros dans ce scandale financier.

La mairie de Saint-Etienne
La mairie de Saint-Etienne © Radio France - Jeanne marie Marco

Saint-Étienne, France

Le 15 septembre 2008, la faillite de Lehman Brothers provoquait un écroulement du système bancaire mondial. De nombreuses communes françaises découvrent alors qu'elles ont signé des emprunts toxiques insoutenables. Saint-Etienne a fait partie des villes françaises les plus touchées par la crise avec quinze prêts de ce genre contractés sous la municipalité de Michel Thiollière. Dix ans plus tard, le maire de Saint-Etienne estime que la situation est "sécurisée".

Un emprunt toxique est un emprunt à taux variable, dont le taux d’intérêt varie en fonction de l'indice financier sur lequel il est indexé. En France, pour l'essentiel, c'est la banque Dexia qui les a distribués.

Une situation sécurisée

Les emprunts toxiques ont représenté jusqu'à 70 % de la dette de la ville de Saint-Etienne. Aujourd'hui, ils ne représentent plus que 5% de la dette avec plus qu'un emprunt toxique à négocier, un prêt de 18 millions d'euros qui court jusqu'en 2032. 

"L'objectif est bien sûr de transformer ce taux qui est calculé à partir d'une formule mathématique mettant en rapport des devises entre elles et donc imprévisibles sur leurs taux à quelques semaines, en emprunt à taux fixe négocié entre la banque et nous" précise le maire Gaël Perdriau.

Une situation qui mettrait vraiment les finances exsangues à la ville ou à l'agglomération est aujourd'hui écartée 

Ce dernier emprunt toxique de la ville est inoffensif jusqu'en 2021, il est à taux fixe jusqu'à cette date. Au-delà de cette date, son taux sera variable. La mairie espère, d'ici-là, trouver un accord avec la banque concernée. Le combat judiciaire est terminé, un médiateur a été nommé pour négocier ce dernier emprunt.

EXPLICATIONS I Gaël Perdriau le maire de Saint-Etienne

Un procès est en revanche toujours en cours entre le CHU de Saint-Etienne et la banque Dexia. Le CHU a contracté plusieurs emprunts toxiques et il est un des rares de France à poursuivre cette banque belge en justice.

Saint-Etienne aura perdu 40 millions d'euros

La mandature de l'ancien maire de Saint-Etienne Maurice Vincent a été en grande partie consacrée à la gestion de ces emprunts toxiques. L'ancien professeur d'économie à l'université Jean Monnet n'oubliera jamais le jour où il appris le scandale " Je sortais d'une réunion, l'auditeur m'attendait avec des cadres municipaux, ils m'attendaient avec un silence de mort, l'auditeur m'a expliqué qu'il y avait 270 millions d'emprunts spéculatifs dans la dette de la ville".

Ils m'attendaient avec un silence de mort

Sur les quinze emprunts toxiques de la ville, Maurice Vincent aura réussi à en contrôler onze durant sa mandature. L'ancien maire explique malgré tout que l'impact financier est énorme pour la ville "on peut considérer qu'elle a payé 40 millions, dix sous mon mandat, trente sous le mandat de Gaël Perdriau (..) ces 40 millions d'euros vont être étalés sur les vingt ans qui viennent".

EXPLICATIONS I Maurice Vincent l'ancien maire de Saint-Etienne

Maurice Vincent explique avoir été obligé, sous sa mandature, d'augmenter de 2 à 3% les impôts rien que pour ces emprunts toxiques "je n'avais pas le choix, les caisses étaient vides". 

L'économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne, est l'invité de France Bleu Saint-Etienne Loire ce lundi à 8h30.