Économie – Social

Dordogne : il n'y aura presque pas de truffes cet hiver

Par Caroline Pomès, France Bleu Gironde, France Bleu Périgord et France Bleu mercredi 31 août 2016 à 9:38

Pierre Chaminade dans ses champs secs de chênes truffiers
Pierre Chaminade dans ses champs secs de chênes truffiers © Radio France - Caroline Pomes

Y aura-t-il de la truffe périgourdine dans nos assiettes à Noël ? Pas sûr, selon les trufficulteurs, dont les plantations souffrent de la sécheresse.

Après trois mois de sécheresse, une semaine de canicule et quelques millimètres d'eau tombés en trois mois, les sols des chênes truffiers sont ultra secs. Les truffes qui y poussent ne se nourrissent plus depuis ou très peu. Les cultivateurs vont perdre jusqu'à 90% de leur récolte.

Pour Pierre Chaminade, qui fait pousser des chênes sur 10 hectares à Sorges, il a fallu choisir. Avec les restrictions d'eau et le peu de réserve qu'il avait, il a dû choisir quel arbre il allait nourrir et quel arbre il allait laisser sécher. "J'ai choisi les meilleurs, ceux que je pouvais arroser en une seule fois sur le tronc".  Normalement, les chênes truffiers s'arrosent en pluie fine régulièrement. En tout, une cinquantaine seulement sont arrosés à la main sur les 2 500 de son vivier.

La truffe a besoin d'une terre à plus de 15 à 20% d'humidité pour pouvoir évoluer - Radio France
La truffe a besoin d'une terre à plus de 15 à 20% d'humidité pour pouvoir évoluer © Radio France - Caroline Pomès

Pour les autres, les feuilles s'assèchent. Elles deviennent grisâtres. Pour éviter que les arbres ne meurent, ce trufficulteur a innové cette année. Il taille tous ses petits arbres, vieux de cinq ans. "Moins il a de branches et de feuilles, moins il consomme d'eau et plus il a de la chance de survivre."  Ce n'est pas le cas pour tous. Certains n'ont pas résisté et ont cramé sous la chaleur. "Ca ne sert à rien que j'essaye de le récupérer. Je devrais y mettre plus de 400 litres d'eau.

Deux ans de sécheresse

Face à ce désastre, Pierre Chaminade ne sait plus comment réagir.

"Depuis deux ans, la nature nous en veut" — Pierre Chaminade, trufficulteur à Sorges.

L'année dernière, la sécheresse a été dure aussi mais cette année elle est encore plus longue, malgré un printemps bien pluvieux. Les truffes ne grossissent plus. C'est à cette période qu'elles grandissent. "A ce rythme-là, elles vont coûter minimum 800 euros le kilo, et ça c'est si j'en ai !"

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