Économie – Social

Dordogne : les Périgourdins utilisent trop les taxis médicaux

Par Caroline Pomès, France Bleu Périgord dimanche 23 octobre 2016 à 22:01

La sécu de Dordogne lance une campagne pour sensibiliser sur l'abus des transports médicaux dans le département.
La sécu de Dordogne lance une campagne pour sensibiliser sur l'abus des transports médicaux dans le département. © Radio France - Marie-Sylvie Prudhomme

La sécurité sociale lance une campagne pour sensibiliser sur l'usage des transports médicaux. En Dordogne, ça représente 31 millions d'euros de remboursement en 2015 et le coût augmente chaque année, plus de 12% cette année contre 4% pour la Nouvelle Aquitaine

Les Périgourdins ont trop pris l'habitude de prendre le taxi ou l'ambulance pour aller voir le médecin. Selon l'assurance maladie, en 2015, elle a remboursé plus de 31 millions d'euros de factures de taxi. Et ça sera pire en 2016 puisque les dépenses ont augmenté de 12% par rapport à l'année dernière contre 4% en Nouvelle Aquitaine.

La sécurité sociale a donc augmenté ses contrôles et a lancé une campagne d'affichage pour sensibiliser les patients à mieux utiliser ses transports. Elle rappelle également qu'il est préférable d'utiliser le covoiturage, les transports en commun ou de demander à un proche de nous accompagner pour la visite médicale.

Campagne d'affichage 'Usager responsable " de la sécurité sociale de Dordogne - Radio France
Campagne d'affichage 'Usager responsable " de la sécurité sociale de Dordogne © Radio France - Capture d'écran

Dordogne désert médical

"Le département est grand et il faut souvent aller à Bordeaux ou Limoges pour voir un spécialiste", reconnait Sophie Papon, la directrice adjointe de la CPAM en Dordogne. Mais selon les contrôles, il y a de " l'abus" du côté des praticiens mais aussi des malades et notamment les personnes souffrant d'une maladie longue durée type diabète.

Ce sont les médecins qui délivrent ces ordonnances, appelées communément "bon de transport". C'est évidemment sur des critères de santé. Si la personne en a besoin, il faut que la motivation du transport maison-médecin soit en lien avec sa maladie.

Un patient qui souffre de diabète peut avoir un taxi remboursé pour aller voir son diabétologue mais pas pour sa consultation chez le kiné. — Sophie Papon, la directrice adjointe de la sécurité sociale en Dordogne.

Sur le terrain pourtant la réalité est tout autre selon le docteur Godart du syndicat MG France. " 'ai eu le cas d'une personne qui souffrait d'un cancer. Elle devait aller voir son cardiologue. Est-ce que c'est lié à sa pathologie ou non ? " A cette question, le médecin n'a pas de réponse. "C'est compliqué de tout étiqueter en médecine générale", donc ce docteur n'a pas le choix. Il faut parfois contourner les règles.

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