Économie – Social

Dordogne : les producteurs de lait inquiets face à la fin des quotas

Par Cédric Lieto, France Bleu Périgord lundi 30 mars 2015 à 22:32

Anne Leygue veut faire perdurer l'exploitation familiale à Rampieux
Anne Leygue veut faire perdurer l'exploitation familiale à Rampieux © Radio France - Cédric Lieto

À l'heure où se termine l'époque des quotas laitiers, les producteurs périgourdins craignent de nouvelles baisses de prix. Le nombre de producteurs a été divisé par deux en dix ans.

C'est la fin d'une époque pour les 400 éleveurs laitiers de Dordogne. Dernier jour des quotas laitiers ce mardi : jusque là, la production européenne de lait était régulée, définie à l'avance avec des prix tout de même fluctuents. À partir de ce mercredi, ce sera le marché qui définira les quantités et les prix.

Les producteurs se sont rassemblés en coopérative ou organisations de producteurs pour peser sur les industriels. Le secteur est sinistré en Dordogne, un éleveur laitier sur deux a abandonné ces dix dernières années, la production a baissé de 14% sur la même période.

"On tiendra peut-être un an ou deux, autrement on arrêtera"

Anne Leygue et son mari possèdent 80 vaches à Rampieux dans le sud du département. Ce que craint cette passionnée avec la fin des quotas, c'est que les pays d'Europe de l'est produisent trop de lait et fassent chuter les prix, des prix déjà bas, autour de 300 euros les 1.000 litres : "C'est trop bas par rapport à nos frais de production. Pour nous en sortir, il faudrait bien qu'il passe à 400 euros. Si ce n'est pas le cas, on va serrer les boulons, les investissements et puis on tiendra peut-être un an ou deux, autrement, on arrêtera. "

Anne et son mari vendent leur lait au groupe fromager Fromarsac, société qui chaque trimestre envoie par courrier les prix d'achat pour les trois mois suivants : "On l'attend avec un peu d'inquiétude. Quand les trois mois sont bons, on est contents. Quand ça passe en dessous de 300 euros, on se dit mince, on va pas pouvoir investir, il va falloir freiner nos charges . On est toujours dans l'attente. "

Le couple arrive à sortir 1.500 à 2.000 euros de salaire par mois, grâce à des réserves et aux aides européennes mais ce qui domine chez Anne, c'est le sentiment d'abandon de la part des pouvoirs publics . Elle craint de terminer comme un confrère situé tout près : il arrête l'élevage dans quelques semaines.