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Économie – Social

"On dort parfois dans les mêmes hôtels que les migrants" : témoignage d'un CRS à Strasbourg

mercredi 4 octobre 2017 à 17:25 Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

Alors que le ministère de l'intérieur doit rencontrer ce vendredi l'intersyndicale Alliance, Unité-SGP et UNSA-Police, les CRS attentent de voir si Gérard Collomb modifiera sa copie sur la prime de déplacement. Fiscaliser cette indemnité de déplacement reste une injustice pour les CRS.

CRS photo d'illustration
CRS photo d'illustration © Maxppp - Sadak Souici

Strasbourg, France

Alors que 2000 CRS sur les 13.000 répartis dans l'hexagone s'étaient mis en arrêt maladie le 21 septembre, jour de grève nationale, l'intersyndicale promet de répondre fermement au gouvernement si la position de la place Beauvau ne change pas. Les arrêts maladie n'ont pas été appréciés par le ministre de l'intérieur mais les CRS promettent de continuer la mobilisation si un terrain d'entente n'est pas trouvé. Le climat reste tendu entre syndicats et gouvernement toujours à cause de cette fameuse volonté de fiscaliser l’indemnité journalière de déplacement. Mais en réalité, ce sont aussi les conditions de travail et la lassitude qui se cachent derrière ce mouvement.

"Un bon complément de revenu depuis 1960"

L’indemnité journalière d'absence temporaire (Ijat) est versée à chaque CRS en mobilité de plus de douze heures en dehors de sa résidence administrative. C'est un complément de revenus de 39 euros par jour pour un CRS. Un CRS gagne entre 1700 et 2000 euros par mois, mais ne perçoit pas de treizième mois et ne peut pas bénéficier d'un comité d'entreprise.

On touche un tout petit plus qu'un collègue qui reste à l'urbaine (qui ne part pas en déplacement) alors, si on nous l'enlève, à quoi bon rester CRS ? — Éric Stolle, CRS à Strasbourg (délégué syndical Alliance)

"On n'a plus envie de rester CRS"

Ce n'est pas uniquement l'aspect pécunier qui révolte les CRS. Leur conditions de travail sont également remises en cause, notamment quand ils sont en déplacement. Ils dorment souvent dans des hôtels vétustes.

On ne supporte plus de dormir dans des hôtels avec des champignons ou dans des Formule 1 avec des migrants (...) c'est arrivé à des collègues récemment et ce n'est pas acceptable. Surtout quand on dort avec nos armes !" — Éric Stolle

Selon ce CRS, qui porte l'uniforme depuis seize ans, "les jeunes restent de moins en moins longtemps dans les compagnies". Aujourd'hui, il réfléchit également à la suite. Lui qui voulait devenir CRS pour "servir les autres et maintenir l'ordre" regrette de ne faire plus que de "l'administratif ou de la prévention".

Témoignage d'Éric Stolle, CRS à Strasbourg

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