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Dossier : Coronavirus Covid-19

Drive et livraisons : ça marche aussi pour les petits commerces à Chambéry

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Il n’y a pas que des fast-food ou des grandes surfaces qui proposent des « drive ». Avec le confinement, des petits commerces s’y mettent. Exemple à Chambéry, en Savoie.

Des écriteaux sur des commerces du centre-ville de Chambéry
Des écriteaux sur des commerces du centre-ville de Chambéry © Radio France - Nelly Assénat

Librairie, fleuriste, caviste, chausseur ou encore un pressing... plusieurs petits commerces du centre-ville de Chambéry proposent des commandes à venir retirer en magasin, et/ou des livraisons à domicile. Certains n’ont quasiment pas cessé leur activité depuis le début du confinement, d’autres s’y mettent depuis quelques jours. 

Garder le contact et récréer des liens avec les clients

Alain Coulon est le propriétaire de la librairie « Le bois d’amarante » rue Jean-Pierre Veyrat à Chambéry. Il a « rouvert » vendredi dernier. Les clients peuvent désormais lui commander des livres et venir les chercher au magasin du mardi au samedi de 9h à 11h30, en respectant bien sûr les mesures barrières et de distanciation. 

"Cette solution d’ouvrir en drive, permet de rétablir un contact avec notre clientèle" - Alain Coulon, libraire

« Cette solution d’ouvrir en drive, permet de rétablir un contact avec notre clientèle », explique Alain Coulon, « et de répondre à une partie de leur demande, car bien évidemment nous n’avons pas tout en stock ». Lorsque les premiers clients sont venus retirer leur commande samedi matin, « ils étaient ravis » selon le libraire, « pour eux c’est un grand plaisir de revoir des lieux -ouverts -, ce rétablissement du lien social est essentiel. Après ces semaines de confinement, ces espaces d’échanges sont précieux ». 

Bien sûr les clients n’ont pas accès à l’ensemble de la librairie, ils peuvent juste rentrer, un à la fois, pour retirer leurs livres.

Librairie Le bois d'amarante à Chambéry
Librairie Le bois d'amarante à Chambéry © Radio France - Nelly Assénat

"Je vois des rayons de soleil dans les yeux de mes clients quand ils viennent chercher leur bouquet" - Arnaud, fleuriste

Juste à côté de la librairie, toujours rue Jean-Pierre Veyrat,le magasin de fleurs Côté Naturel lui n’a quasiment pas cessé son activité. «Depuis le début du confinement nous livrons des plantes », explique Arnaud Guillon, le propriétaire, « mais depuis une dizaine de jours, nous proposons un drive avec de nouveau des fleurs coupées »

Le matin, du mardi au samedi, les clients peuvent récupérer leur bouquet au magasin et l’après-midi Arnaud Guillon s’occupe des livraisons. « On sous-estime le pouvoir des fleurs », estime le fleuriste chambérien, « des études montrent que lors de crises, comme celle que nous traversons, les fleurs apportent réconfort et bien-être ».

Le drive et la livraison prennent du temps et nécessitent une nouvelle organisation

Ces commerçants de centre-ville travaillent souvent seuls (et pour ceux qui ont des employés, ils sont actuellement au chômage partiel), ils doivent donc gérer entièrement cette nouvelle organisation qui demande beaucoup de travail. 

"C'est un autre job mais j’éprouve un certain plaisir à le faire" - Sandrine, vendeuse de chaussures pour enfants

Recevoir les commandes par mail ou téléphone, y répondre, les préparer et organiser la distribution (drive ou livraison). Sandrine Zatta, tient La boutique de chaussures pour enfants Pitchouns au pied du château des Ducs de Savoie. Entre le temps passé au téléphone avec les parents pour discuter des pieds de leurs bambins, étudier les photos de leurs pieds et de leurs anciennes chaussures qu’ils ont envoyées, renvoyer à son tour par mail une sélection de chaussures et ensuite aller les livrer, Sandrine Zatta arrive à vendre une petite dizaine de paires par jour, alors qu’en magasin en deux heures ce serait fait ! 

« Mais les clients m’accueillent avec un grand sourire. Et moi qui prône le commerce de centre-ville, c’est un autre job mais j’éprouve un certain plaisir à le faire », explique la commerçante chambérienne. Elle précise que lors de la livraison elle porte un masque, ne rentre pas chez les gens et vérifie à distance que les chaussures conviennent bien. Si ce n’est pas le cas, elle reviendra mais ce n’est pas encore arrivé.

le fleuriste Coté Naturel à Chambéry
le fleuriste Coté Naturel à Chambéry © Radio France - Nelly Assénat

Économiquement ce système n’est pas rentable mais c’est mieux que rien

Les commerçants affirment aussi que ce système de drive ou de livraison n’est pas vraiment rentable. « L’impact financier est tellement énorme… ce drive va rétablir un petit filet de revenus mais ça reste tout de même très limité » selon le libraire Alain Coulon, « ça n’a rien de comparable à ce que l’on fait en période ordinaire. Evidemment c’est mieux que rien et ça permet de remettre un peu les choses en route, mais les tensions sur la trésorerie ne vont pas se compter en mois mais en années ».

"Défendre le commerce de proximité face aux géants d’internet" - une commerçante chambérienne

Entre les réseaux sociaux, le bouche à oreille et l’écriteau sur la boutique, Sandrine Zatta arrive à vendre quelques paires de chaussures par jour. « Ça ne va pas sauver ma boutique, c’est une goutte d’eau, ça représente 15% de mon chiffre d’affaire, mais ça fait rentrer un peu d’argent et ça va payer une partie de mes charges fixes ». Bien sûr il ne faut pas raisonner en termes de rentabilité. « En magasin il me faut deux heures pour vendre huit paires là ça me prend huit heures. Je n’arrête pas, j’y passe la journée, mais ça marche pas mal ! », assure Sandrine Zatta.
 

Si la commerçante chambérienne a décidé depuis deux semaines d’opter pour ce système de livraison c’est également pour défendre le commerce de proximité. « On ne doit pas laisser le champ entièrement libre aux géants d’internet », explique-t-elle. Avant de conclure : « le chiffre d’affaire n’est pas là. Tous les magasins ne se relèveront pas mais il faut y croire et rester positifs ». 

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