Économie – Social

Ecopla : l'appel des anciens salariés est jugé "irrecevable" par la cour d'appel de Grenoble

Par Denis Souilla, Antonin Kermen et Alexandre Berthaud, France Bleu Isère jeudi 20 octobre 2016 à 14:14 Mis à jour le jeudi 20 octobre 2016 à 18:29

Les anciens salariés d'Ecopla réunis à la cour d'appel de Grenoble (20 octobre 2016)
Les anciens salariés d'Ecopla réunis à la cour d'appel de Grenoble (20 octobre 2016) © Radio France - Antonin Kermen

Le recours des ex salariés d'Ecopla a été jugé irrecevable par la cour d'appel de Grenoble jeudi, confirmant un réquisitoire du Parquet. Ceux-ci souhaitent reprendre leur fabrique de barquette en aluminium en SCOP. En juin dernier, le tribunal de Grenoble leur avait préféré un concurrent italien.

Encore un coup dur pour les salariés d'Ecopla. Même si l'appel des "Amis d'Ecopla" (nom de la SCOP regroupant les anciens salariés) avait peu de chance d'aboutir, voilà qu'une fois de plus les ex-salariés de l'usine de Saint-Vincent-de-Mercuze sont déboutés par le tribunal. La cour d'Appel de Grenoble a jeudi suivi l'avocat général : en tant que candidat évincé à la reprise, la SCOP ne peut pas faire appel, seul le parquet peut le faire, et il ne l'a pas fait. Les Ecopla sont donc en colère. Pour eux, ni la justice ni l’État n'a fait son travail dans cette affaire. " Il y a une forme d'injustice " assure à la sortie du palais de justice Christophe Chevalier, l'un des anciens salariés " aujourd'hui ce sont les salariés qui sont lésés et pas les créanciers, depuis le début on se bat pour notre emploi, hier c'était les Goodyear, il y a Alstom, ça suffit ! ".

Contacté le parquet de Grenoble, explique que s'il n'y a pas eu d'appel, c'est parce que le projet italien retenu en juin est le meilleur concernant la reprise des actifs de l'usine. Les Ecopla ne sont pas d'accord, pour eux leur SCOP, seul projet permettant de sauver des emplois aurait du être privilégié.

Poursuivre le combat

Les membres de la SCOP s'accrochent à un dernier espoir judiciaire. Le 3 novembre prochain, un autre appel sera examiné. Cette fois les salariés font appel en leur nom propre, et non pas la SCOP, déboutée au profit de l'italien Cuki. En attendant les ex-salariés sont déterminés à se battre. Dès vendredi, ils rencontreront Michel Sapin, ministre de l’Économie et des Finances, à Strasbourg. Remontés contre le manque de soutien de l'Etat depuis le début de leur lutte, Christophe Chevalier et ses anciens collègues veulent des réponses : " C'est de leur faute, donc on veut qu'ils nous aident. Michel Sapin doit nous expliquer ce qu'il va faire pour qu' Ecopla retrouve son activité ".

Les anciens salariés d'ecopa veulent poursuivre le combat - Radio France
Les anciens salariés d'ecopa veulent poursuivre le combat © Radio France - Antonin Kermen

" Un combat politique " François Ruffin, réalisateur de "Merci patron"

Enfin, les Ecopla veulent que leur cas serve d'exemple en suggérant un projet de loi, pour que dans des cas similaires, les projets de reprise par les salariés soient privilégié par rapport aux droits des créanciers. C'est aussi l'avis de François Ruffin, le réalisateur du documentaire "merci patron" venu à Grenoble soutenir les Ecopla : " C'est un combat politique. Imposer une loi pour que lorsque les tribunaux de commerce jugent, ils disent c'est plus important de conserver les salariés que de payer les dettes. Ce qui quand même parait normal à tout le monde ".

" Une situation absurde " Le réalisateur François Ruffin venu soutenir les ex-salariés d'Ecopla.

À lire aussi

Partager sur :