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Économie – Social

EDF cherche à acquérir des terrains près de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

EDF cherche à acheter de nouveaux terrains autour de plusieurs centrales nucléaires. Dampierre (Loiret) et St Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) font ainsi l'objet d'études de faisabilité. Nouveaux réacteurs, préparation du démantèlement ? Toutes les hypothèses sont ouvertes, affirme EDF.

"La surface de faisabilité concerne dune cinquantaine à une centaine d'hectares autour du site de Dampierre" indique EDF
"La surface de faisabilité concerne dune cinquantaine à une centaine d'hectares autour du site de Dampierre" indique EDF © Radio France - Anne Oger

Dampierre-en-Burly, France

A ce jour, aucune commission locale d'information - les fameuses CLI qui existent pour toutes les centrales nucléaires - n'a été prévenue de la démarche... EDF confirme pourtant qu'elle a lancé une campagne d'acquisition de terrains à proximité de certaines de ses 19 centrales. La région Centre Val-de-Loire est particulièrement concernée : 140 hectares ont d'ores et déjà été acquis près de la centrale de Belleville, dans le Cher, et des extensions de 50 à 120 hectares sont envisagées pour chacun des sites de Dampierre-en-Burly (Loiret), St Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire). Dans la pratique, EDF a fait appel à des SAFER - des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural - pour mener des études de faisabilité et demander aux propriétaires s'ils souhaitaient vendre à EDF. 

Cohérent avec la stratégie d'EDF de décider toute seule"

Le fait que cela ait lieu en catimini inquiète Phillipe Perrucot, le président régional de l'ACIRAD, l'association pour le contrôle et l'information sur la radioactivité : "Si on veut parler de transparence du nucléaire, déplore-t-il, on voit bien que sur ce genre de choses, il n'y a rien qui est dit, le ministre de l'Ecologie ne dit rien ! N'empêche que c'est cohérent avec la stratégie d'EDF qui a toujours été de décider toute seule.. EDF se prépare dans son coin, et le risque  c'est qu'elle essaie ensuite de mettre l'Etat devant le fait accompli."

Mais à quoi vont servir ces éventuels futurs terrains ? EDF répond être dans "une logique d'anticipation de l'avenir, quel qu'il soit". De manière à pouvoir envisager 3 hypothèses, en fonction justement des arbitrages du gouvernement qui doit annoncer bientôt les grandes orientations de la politique énergétique pour les 10 prochaines années (projet de PPE, programmation pluriannuelle de l'énergie).

  • Premier scénario : construire sur ces terrains des réacteurs de nouvelle génération, soit surpuissants de type EPR, soit au contraire de petite taille, ce qu'on appelle les SMR, pour small modular reactor ;
  • Deuxième possibilité : installer sur ces terrains les équipements de support qui seront nécessaires pour prolonger la durée de vie des réacteurs actuels ; 
  • Troisième scénario : disposer d'une "zone chantier" suffisante pour procéder au démantèlement des centrales arrivées en fin de fonctionnement.

Une volonté d'implantation durable dans le Giennois"

Sollicitée, la direction de la centrale de Dampierre (qui ne souhaite pas accorder d'interview radio), commente : "Nous sommes sur un principe de responsabilité. De par la nature de nos activités industrielles et les échelles de temps qui sont les nôtres, nous nous devons d’anticiper l’avenir de notre site, quel qu’il soit (besoins d’exploitation, prolongation de la durée de fonctionnement, démantèlement, etc.). Nous sommes bien dans une volonté d’implantation durable dans le territoire du Giennois."

De son côté, Philippe Perrucot ne croit guère au scénario du démantèlement : "Ce n'est pas le scénario des directeurs des centrales ! Ce qui nous semble, c'est qu'EDF défend bec et ongles sa stratégie de prolongation et/ou de renouveau du nucléaire." Et à ce titre, Philippe Perrucot ne cache pas son inquiétude : "Le problème du risque est aggravé par le réchauffement climatique en cours, qui va conduire régulièrement à des niveaux de la Loire et des débits de la Loire très faibles, ce qui va augmenter le risque des rejets des centrales sur les écosystèmes. Nous pensons depuis longtemps que, de toute façon, il ne pourra plus y avoir de réacteurs sur la Loire ou sur des fleuves de ce type-là." En outre, "l'extension du périmètre des centrales va manger des terres arables ; la question qui se pose, c'est : est-ce qu'on fait du nucléaire ou de l'alimentaire de proximité ?" Interview à écouter en intégralité ci-dessous :

"On n'a pas envie d'une extension des périmètres des centrales de la Loire moyenne" - Philippe Perrucot

A ce stade, on ignore à quelle échéance pourraient avoir lieu ces nouvelles acquisition de terrains par EDF.

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