Économie – Social

EDF va supprimer 3.350 postes sans licenciement

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 21 janvier 2016 à 12:48 Mis à jour le jeudi 21 janvier 2016 à 14:47

Le siège d'EDF
Le siège d'EDF © Maxppp

EDF a annoncé jeudi qu'il allait réduire ses effectifs de 5% sur la période 2016-2018, sans licenciement, et réduire ses dépenses d'exploitation. 3.350 postes sont concernés.

 Affronter un marché énergétique déprimé, mettre en oeuvre son plan stratégique : voici comment EDF a expliqué jeudi sa décision de se séparer sur les trois prochaines années de 3.350 salariés, soit 5% de ses effectifs. L'énergéticien va également réduire ses dépenses d'exploitation.

"Concurrence accrue"

La direction a annoncé ce chiffre à l'issue d'un comité central d'entreprise (CCE) et promis que ces suppressions de postes se feraient sans licenciement. "Cette gestion des ressources s'inscrit dans un environnement marqué par une concurrence accrue et des conditions de marché défavorables en France et en Europe qui nécessitent une adaptation de l'entreprise", selon le communiqué du groupe.

Cette réduction des effectifs, "inacceptable" et "assortie d'un plan d'économies de 700 millions d'euros sur trois ans", survient "au pire moment" alors que l'entreprise fait face à des "enjeux majeurs"selon Philippe Page Le Mérour de la CGT.

Les salariés mobilisés

"C'est une provocation" qui fait suite à "20 ans de déréglementation" du secteur de l'énergie, a déclaré de son côté Maurice Isler (FO), qui craint encore davantage de suppressions de postes, la baisse annoncée ne prenant pas en compte par exemple la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim ou l'ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques demandée par Bruxelles.  

Pour protester, les salariés d'EDF et plus largement ceux de l'énergie étaient appelés à se mobiliser ce jeudi par la CGT, la CFE-CGC et FO. Selon la CGT, premier syndicat du secteur, la grève a entraîné des tensions sur le réseau, avec une baisse de charge de "12.000 MW" dans la nuit, soit environ 20% de la production d'électricité. Ce mouvement de grève est le quatrième depuis début novembre. Jeudi, les élus du CCE (CGT, CFE-CGC, CFDT et FO) ont décidé de poursuivre la procédure de droit d'alerte lancée le 10 décembre, la première dans l'entreprise. Ils en ont aussi appelé aux parlementaires pour qu'ils se saisissent du dossier.

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