Économie – Social DOSSIER : Alstom Transport : quel avenir à Belfort ?

Émission spéciale Alstom : "Il faut privilégier le patriotisme économique"

Par Hajera Mohammad, France Bleu Belfort-Montbéliard vendredi 23 septembre 2016 à 10:50

Débat sur Alstom avec Louis Deroin, président CGPME 90 et Pascal Novelin, délégué CGT Alstom Transport
Débat sur Alstom avec Louis Deroin, président CGPME 90 et Pascal Novelin, délégué CGT Alstom Transport © Radio France - Stéphane Vallée

France Bleu Belfort Montbéliard organisait une matinale spéciale Alstom ce vendredi matin alors que le constructeur ferroviaire souhaite transférer la production des trains de Belfort vers l'Alsace d'ici deux ans. Comment sauver Alstom ? C'est la question posée à nos invités.

Damien Meslot, député-maire Les Républicains de Belfort et Martial Bourquin, sénateur-maire socialiste d'Audincourt ont partagé leur vision sur la politique industrielle à mener dans le Nord Franche-Comté et plus généralement en France. La conclusion est simple pour les deux élus : privilégier le patriotisme économique. "Tous les États qui ont de la construction ferroviaire, l'Allemagne, les États-Unis ou l' Espagne, passent des commandes publiques chez eux pour alimenter la chaîne. En France, Alstom est défavorisé, le groupe n'a plus de commandes publiques" déplore Damien Meslot.

La France de demain ce sera une France avec des usines - Martial Bourquin, sénateur-maire d'Audincourt

"Quand je suis arrivé à la mairie de Belfort, nos voitures étaient de la marque Fiat. J'ai changé et j'ai pris des Peugeot" affirme le maire berlfortain. "La commande publique en France représente 400 milliards d'euros donc il faut qu'il y ait un minimum de patriotisme. On peut prendre en compte l'empreinte carbone, l’économie de proximité" explique de son côté, Martial Bourquin. "La France de demain sera une France avec des usines qui se moderniseront" conclut l'élu du Doubs.

"Quelle politique industrielle pour le Nord Franche-Comté ? Le débat entre Damien Meslot, député-maire LR de Belfort et Martial Bourquin, sénateur-maire d'Audincourt

La fin de la production d'Alstom à Belfort, une catastrophe pour la région ?

Un autre débat avait lieu entre Louis Deroin, président de la CGPME dans le Territoire de Belfort et Pascal Novelin, délégué CGT chez Alstom Transport. Pour le syndicaliste, il faut rappeler que "des sous-traitants vont être impactés, des boîtes de prestation, des femmes de ménage." "On met tout ça aussi à la porte et c'est très grave" déplore-t-il.

"Une image pas positive sur le territoire - Louis Deroin, président CGPME 90

Louis Deroin dénonce lui, les conséquences d'une éventuelle disparition d'Alstom à Belfort, notamment pour l'image de la région. "Aujourd’hui, les différents acteurs économiques se battent pour attirer des entreprises. Pour le moment, on a une excellente image sur le savoir-faire que ce soit sur la filière transport ou sur la filière énergie mais cette annonce complique l'installation d'entreprise, l'image n'est pas positive" explique le patron d'entreprise.

Fin de la production d'Alstom à Belfort : une catastrophe pour le territoire ? Le débat entre Louis Deroin, président de la CGPME 90 et Pascal Novelin, délégué CGT Alstom Transport

Le groupe Alstom a annoncé, il y a deux semaines, son intention de déplacer l'activité de production du site de Belfort vers celui de Reichshoffen en Alsace. Dans la cité du Lion, 400 salariés au moins sont concernés. Les négociations se poursuivent entre le constructeur ferroviaire et le gouvernement. Des annonces sont attendues la semaine prochaine. En attendant, syndicats et élus se donnent rendez-vous ce samedi à Belfort, pour une journée "ville-morte". Une opération lancée par la mairie et soutenue par l'intersyndicale. Les habitants sont appelés à défiler à 14 heures de la Maison du Peuple à la Préfecture. Les commerçants peuvent participer en fermant leur magasin pendant une heure, en signe de solidarité.

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Retour sur le dossier Alstom en trois minutes, avec Nicolas Wilhelm

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