Économie – Social

Menacé d'expulsion par la mairie FN d'Hayange, le Secours populaire poursuit son action

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu jeudi 6 octobre 2016 à 18:03

Le Secours Populaire d'Hayange n'ouvre plus que la petite porte du local.
Le Secours Populaire d'Hayange n'ouvre plus que la petite porte du local. © Radio France - Faustine Mauerhan

Le Secours populaire d’Hayange a encore de l’électricité, mais peut-être plus pour longtemps. La mairie Front national menace désormais de tout couper puisque l’association refuse toujours de rendre les clés du local. D'ici là, n’en déplaise, les distributions continuent pour tous les bénéficiaires.

Officiellement, c’est un problème de bail qui pousse la mairie Front National d’Hayange à exiger la fermeture du local du Secours Populaire, rue Jean Jaurès. Mais le premier magistrat, Fabien Engelmann a aussi expliqué sa démarche par la philosophie trop généreuse de l’association, devenue selon lui, "une succursale du Parti communiste". Depuis, presque 10 000 personnes ont signé une pétition de soutien au Secours Populaire d’Hayange sur internet. Et en attendant d’être plongés dans le noir, sans chauffage, les bénévoles continuent d’aider les quelques 800 bénéficiaires de l’association.

Un traducteur pour faire les paniers alimentaires

Dans le hangar du 10 rue Jean Jaurès, le mercredi, c’est le défilé. Et parfois, il faut un traducteur pour aider les bénévoles à composer les paniers alimentaires offerts aux bénéficiaires. "Tu leur diras que c’est pour eux deux ce panier, demande Martine. Ils doivent le partager". Le jeune étudiant traducteur transmet aussitôt aux deux Afghans, en tongs malgré le froid dehors, et qui acquiescent immédiatement. Derrière eux, c’est au tour de Gaëlle. Née à Hayange, elle a 18 ans, pas de travail et ne peut compter que sur le Secours Populaire pour remplir ses placards.

J’ai eu de l’huile, de la farine, de la purée. Avec ça, je peux tenir un bon moment. - Gaëlle, 18 ans, Hayangeoise.

William aussi repartira avec son cabas de produits de base. Lui est arrivé à Nilvange il y a 5 ans pour travailler dans le BTP. Mais aujourd’hui, au chômage, il vit avec sa compagne avec seulement 663 euros par mois. Il se console : "Je ne suis pas le seul. On est terriblement nombreux dans la région et la situation ne va pas en s’améliorant " se désole le quinquagénaire affligé par la polémique.

Une signature et les bénéficiaires du Secours Populaire d'Hayange vont récupérer leur panier alimentaire. - Radio France
Une signature et les bénéficiaires du Secours Populaire d'Hayange vont récupérer leur panier alimentaire. © Radio France - Faustine Mauerhan

Bref, c'est pour William, Gaëlle, Slimane et les autres que Martine est triste. Cette bénévole depuis près de 40 ans a même du mal à dormir la nuit depuis cette histoire. "Moi ça me bouffe, c’est désolant parce qu’on ne fait pas que de l’aide alimentaire, on emmène des enfants en vacances, on accompagne des personnes âgées aussi. Ça nous tient à cœur."

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