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En Creuse, l'arrivée des certifications perturbe le travail des couturières et fabricants de visière bénévoles

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Par , France Bleu Creuse

Ils ont été les premiers à se mobiliser pour coudre des masques en tissu et fabriquer des visières de protection : les couturières et "makers" bénévoles creusois se disent perplexes, et parfois amers, face à l'arrivée des certifications officielles.

Les couturières bénévoles de Masgot ont décidé d'arrêter la fabrication de masques.
Les couturières bénévoles de Masgot ont décidé d'arrêter la fabrication de masques. - Denise Cherlonneix

"A l'association, on s'est dit : ils marchent sur la tête !"  Voilà comment a réagi Salomé Grangette, à la tête de l'association des couturières du village de Masgot (Creuse), à l'annonce d'une certification officielle pour les masques. Si elle n'est pas obligatoire, cette certification a été vécue comme une claque par ces couturières qui ont confectionné près de 2.000 masques pendant le confinement. Chez les fabricants de visières bénévoles ("makers"), eux aussi concernés par une homologation, c'est le même sentiment qui domine : celui d'une reprise en main du marché sur des équipements indispensables à la sécurité des personnes. 

La certification officielle sème la pagaille chez les couturières creusoises

Pendant le confinement, les couturières de Masgot ont suivi les recommandations de l'Afnor afin de réaliser leurs masques. Fin avril, elles apprennent qu'une homologation officielle est disponible, à plus de 1200 euros le test. Cette certification leur permettrait d'apposer le nom "masques grand public" et le logo officiel sur leurs masques. Un-non sens, selon Salomé Grangette : "Ce qu'on faisait, c'était un coup de main solidaire, pour dépanner les gens, et on n'avait pas la vocation de devenir une entreprise."

Certes, la certification n'est pas indispensable pour la vente de masques en tissus, mais les couturières mettent quand même en jeu leur "responsabilité en cas de contamination notamment" (Direction Générale des Entreprises). Des risques que ne veulent pas prendre les couturières bénévoles, qui sont pourtant encore sollicitées : "On ne va pas engager la responsabilité de l'association si jamais quelqu'un vient nous reprocher la qualité de nos masques ! Je peux comprendre l'Etat français, admet Salomé Grangette. Mais ça n'est pas le moment de faire ça ! Là, tout le monde manque encore de masques, personne ne sait où en trouver."

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L'association des couturières du village de Masgot a donc décider d'arrêter la production de masques. Mais les petites mains envisagent quand même de donner des cours afin "d'apprendre à tout un chacun à coudre son masque, chez soi. Comme ça, pas besoin de certification", explique Salomé Grangette. Une option également choisie par Les couturières du 23, elles aussi confrontées à l'arrivée de la certification. "On l'avait vu venir, car la santé est un business, déplore Pierre-Adrien Léger, membre de l'association. Les initiatives solidaires et locales ne peuvent pas survivre longtemps."

L'homologation des visières fait bondir les "makers" creusois

Même son de cloche chez les "makers", ces fabricants bénévoles de visières de protection. L'Etat vient de mettre en place une homologation qui s'appuie sur des normes précises pour leur fabrication. Christophe Longue, un fabricant bénévole de Bourganeuf, n'en comprend pas l'utilité : "nos visières sont identiques à celles que produisent les entreprises, puisqu'elles partent des mêmes schémas de fabrication, disponibles librement sur internet. Pourquoi faut-il une homologation ?"

Il a décidé de poursuivre sa production. C'est légal, mais dans ce cas, il n'a pas le droit de dire que ses visières protègent les porteurs du Covid-19 : "de toute façon, rappelle-t-il, je préviens mes clients à chaque fois que ça n'est pas une protection contre le virus. J'ai des demandes des pompiers, des gendarmes et des soignants d'hôpitaux creusois. Ils sont tous au courant que ça n'est pas homologué, mais ils viennent me les demander et les portent." 

De son côté, la Direction Générale du Travail tient à rectifier quelques points qui ont pu être mal interprétés : "Contrairement à ce qu’affirme la plateforme Covid3D, le don ou la vente à prix coûtant  d'une visière ne peuvent pas être requalifiés en concurrence déloyale. De même, la réalisation d'une visière gratuitement, même par un  bénévole, ne sera pas requalifiée en travail dissimulé."

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