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Économie – Social

EN IMAGES - 2012 à Florange, l'espoir puis la "trahison" pour les métallos d'ArcelorMittal

vendredi 30 novembre 2018 à 17:01 Par Magali Fichter et Rachel Noël, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu

C'était il y a six ans, jour pour jour. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et la direction d'ArcelorMittal signaient un accord de "mise sous cocon" des hauts fourneaux de Florange. Retour en photos et en vidéos sur une année de rebondissements, de promesses et de déceptions.

Le candidat François Hollande à Florange, en avril 2012
Le candidat François Hollande à Florange, en avril 2012 © Maxppp -

Florange, France

Ce 1er décembre, l'accord de "mise sous cocon" des hauts fourneaux de Florange arrive à échéance, six ans après un épisode douloureux pour la Moselle et la vallée de la Fensch. A l'époque, début 2012, le site est déjà à l'arrêt "temporaire", et les salariés sont inquiets. La première image, c'est celle du candidat François Hollande, au mois de février, perché sur la camionnette de l'intersyndicale à Florange. 

24 février 2012 : la promesse du candidat Hollande

Celui qui n'est pas encore président promet alors une loi pour empêcher le démantèlement des sites industriels. «Quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production et ne veut pas non plus la céder nous en ferions obligation pour que les repreneurs viennent et puissent donner une activité supplémentaire», déclare-t-il. A l'époque, les métallos veulent y croire.

6 avril 2012 : la "Marche de l'acier" arrive à Paris

Nicolas Sarkozy, de son côté, annonce avoir arraché deux millions d’euros à Mittal pour redémarrer les hauts fourneaux. «A la demande de l’Etat français, ArcelorMittal va investir maintenant 17 millions d’euros à Florange : 2 millions pour le haut-fourneau […] afin qu’il puisse repartir.» Pour les organisations syndicales, c’est une annonce en trompe-l’œil et un coup de com du président ; la majorité des investissements annoncés sont programmés depuis plusieurs mois et ne concernent pas les hauts fourneaux.

Au mois de mars, une délégation de salariés se rend à Paris pour rencontrer Nicolas Sarkozy qui ne les reçoit pas. Les 150 sidérurgistes tentent de repousser le cordon de sécurité afin de se rendre au QG de campagne du président sortant. Des gendarmes les repoussent à l’aide de gaz lacrymogènes. Le 6 avril 2012, une vingtaine de métallos achèvent à Paris une "Marche de l'acier" au pied de la tour Eiffel. Un grand concert de solidarité est organisé au Trocadéro, avec notamment Bernard Lavilliers et Zebda.

Novembre 2012 : "Nous ne voulons plus de Mittal en France"

Un mois plus tard, François Hollande est élu président de la République, et Arnaud Montebourg est ensuite nommé ministre du redressement productif. Il commande un rapport à Pascal Faure, vice-président du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies. En juillet, le rapport est rendu et le document indique que Florange est «viable », à condition d’y investir.

Un bras de fer semble alors s'engager avec ArcelorMittal. Le même Arnaud Montebourg, au mois de novembre écrit ces mots dans Les Echos : "Nous ne voulons plus de Mittal en France". Il explique qu'il a trouvé un repreneur pour le site, "un aciériste, un industriel, pas un financier, prêt à investir jusqu'à 400 millions d'euros." Pour la petite histoire, il s'agissait de Bernard Serin, le président du FC Metz.

30 novembre 2012 : "Putain. Traître."

Sauf que cette piste n'aboutira pas, pas plus que la proposition évoquée par Montebourg d'une nationalisation temporaire du site. François Hollande reçoit Lakshmi Mittal à l'Elysée, et le 30 novembre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault prend la parole à la télévision.

Le soir de l'annonce de Jean-Marc Ayrault - Radio France
Le soir de l'annonce de Jean-Marc Ayrault © Radio France - Rachel Noël

Pas de nationalisation, pas de repreneur, mais une mise sous cocon pendant six ans, avec l'obligation pour ArcelorMittal d'investir sur le site et de ne pas licencier. Mais la pilule ne passe pas auprès d'Edouard Martin, à l'époque délégué CFDT, qui écoute le premier ministre à la télé, et qui ne lâchera que deux mots : "Putain. Traître".

6 décembre 2012 : un autre "coup de poignard dans le dos"

Quelques jours plus tard, Mittal annonce l'abandon du projet de captation de CO2 ULCOS, pourtant considéré comme clé pour l'avenir des hauts fourneaux. Le même Edouard Martin ne peut retenir ses larmes à Florange.

Edouard Martin qui abandonnera ses fonctions de délégué syndical un an plus tard. Il deviendra eurodéputé, élu sur la liste PS. Arnaud Montebourg démissionnera du gouvernement, en août 2014. Quant à François Hollande, est-il besoin de rappeler son destin ? Les hauts fourneaux, eux, ont été éteints pour de bon en avril 2013. Officiellement, il est toujours possible de les réveiller.