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Économie - Social

En Loire-Atlantique, la croissance de l'artisanat du BTP se tasse par manque de main d'œuvre

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Par , France Bleu Loire Océan

La confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment a dévoilé début janvier son baromètre 2019. Après une année 2018 exceptionnelle, la croissance du marché se stabilise voire ralentit : c'est une première et on la doit notamment au manque de main d'œuvre.

Un ouvrier portant un casque se sert d'une meule de chantier (photo d'illustration).
Un ouvrier portant un casque se sert d'une meule de chantier (photo d'illustration). © Maxppp - Frédéric Girou

Loire-Atlantique, France

C'est une première dans les baromètres de la confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) : la croissance du marché s'est stabilisée, voire a ralenti en 2019. Cet enseignement ressort de l'étude publiée par la Capeb début janvier. Réalisée auprès de 1 000 chefs d'entreprise dans la région Pays de la Loire et 220 en Loire-Atlantique, elle met également en lumière le fait que les professionnels de Loire-Atlantique sont, pour la première fois en 17 éditions, moins optimistes que leurs collègues de toute la région. "On reste à un niveau qui est quand même significatif", relativise Bruno Leclerc, secrétaire général de la Capeb en Loire-Atlantique, évoquant "un niveau d'activité élevé". Selon lui, "on est plutôt dans une phase de stabilisation ou de consolidation". Les entreprises sont principalement freinées par leurs difficultés à recruter.

Des entreprises qui peinent à recruter

L'une des explications à la perte de vitesse de l'artisanat du bâtiment est la difficulté pour les patrons de recruter. En effet, 35% des entreprises ont recruté en 2019, contre 41% en 2018. Ainsi, Jean-Guillaume Petton, qui dirige une entreprise de 36 salariés, est parfois contraint de reporter des chantiers. Cela pèse dans les comptes de sa société : "J'ai perdu entre 5 et 10% de mon chiffre d'affaires sur Nantes. Sur Saint-Nazaire, c'est même 15 à 20%", explique ce dirigeant d'une entreprise de couverture, étanchéité, plomberie, chauffage et VMC. Ce phénomène n'est pas nouveau mais il est en nette accélération selon lui : "Il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, on arrivait à avoir un flux naturel de compétences, on avait quand même des possibilités", se souvient celui dont les salariés interviennent sur 50 à 60 000 logements par an. "Là on n'en a quasiment pas." Malgré ses tentatives de recrutement via la presse locale, le site Le Bon Coin ou des sites de recrutement spécialisés, il ne trouve personne. Conséquence : il fait souvent appel à des salariés en intérim, une solution coûteuse, ou forme lui-même des salariés via des processus d'insertion. Ainsi, depuis dix ans, il a formé une quinzaine de personnes et la grande majorité sont aujourd'hui en CDI.

En Loire-Atlantique, "les entreprises envisageaient de recruter en 2019 mais elles n'ont pas pu le faire autant qu'elles le souhaitaient", confirme Bruno Leclerc, secrétaire général de la Capeb 44. Pour lui, le bâtiment paie la crise de 2009. "Pendant la crise, les entreprises n'ont pas recruté et surtout n'ont pas formé. Elles ont essayé d'adapter leur taille à l'activité. Pendant six ou sept ans, on n'a donc pas formé autant que nécessaire. Aujourd'hui, on a donc des besoins mais pendant les périodes antérieures on n'a pas formé suffisamment pour faire face à ces besoins."

Des incertitudes pour les deux années à venir

Le moindre optimisme des entrepreneurs interrogés par rapport aux années précédentes peut s'expliquer par rapport au contexte législatif dans lequel a été réalisé l'enquête, selon Bruno Leclerc. "Quand nous avons fait notre étude, nous étions dans les débuts du vote du projet de loi de finances. Il y avait donc un certain nombre d'incertitudes fortes concernant les mécanismes notamment de soutien à la rénovation énergétique, qui constitue une part importante de l'activité."

Les mesures prises dans ce domaine interrogent d'ailleurs les professionnels pour la situation du marché en 2020 et 2021. "La mise en place d'un nouveau dispositif de financement et d'incitation des particuliers pour des travaux de maîtrise des forces énergétiques est beaucoup plus centrée sur les ménages à faibles revenus." Cela pourrait avoir une incidence négative sur le marché d'après Bruno Leclerc. "On avait un dispositif antérieur qui était plus incitatif pour les ménages plus aisés. Or, ce sont les gens qui sont un peu plus aisés qui ont une proportion à faire des travaux plutôt que les gens à faible revenus." 

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