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Économie – Social

En Sarthe, maisons de la presse cherchent repreneur désespérément

mardi 28 août 2018 à 4:29 Par Alexandre Chassignon, France Bleu Maine

Des prix cassés mais très peu de candidats à la reprise : des dizaines de maisons de la presse sont en vente en Sarthe, parfois depuis des années. Certains finissent par fermer boutique. Les professionnels assurent pourtant que le métier reste rentable, davantage que d'autres commerces de proximité.

Voilà déjà 5 ans que Yoann Mareau a mis en vente la maison de la presse qu'il tient à Coulaines
Voilà déjà 5 ans que Yoann Mareau a mis en vente la maison de la presse qu'il tient à Coulaines © Radio France - AC

L'annonce, brutale, a surpris ses clients, ses fournisseurs et ses collègues. Le propriétaire de la maison de la presse de Beaumont-sur-Sarthe a décidé de fermer mi-juillet dernier, faute de trouver un repreneur. Au printemps, Sablé-sur-Sarthe a aussi perdu l'un de ses points presse, en plein centre-ville.

Sur les sites spécialisés, des dizaines d'annonces montrent que plus de 10 % des 312 points presse sarthois sont actuellement en vente - certains depuis des années. "J'ai eu deux contacts en cinq ans" déplore Yoann Mareau, le gérant de la presse de la Paix, voisin de la mairie de Coulaines. "Même à 50 000 euros, ça ne part pas, alors que nous étions trois candidats il y a 10 ans quand j'ai acheté ce commerce 150 000".

Clichés et rentabilité

Entre temps, qu'est-ce qui a changé ? Pas le chiffre d'affaires, assure Yoann Mareau : "ça travaille bien ! Si on calcule à partir du chiffre d'affaires ou du bénéfice, le fonds vaut 90 ou 100 000 euros".

"Il y a un problème d'image", déplore Soazig Le Labourier, l'une des représentantes dans le grand Ouest de l'organisation professionnelle Culture presse et elle-même gérante d'une maison de la presse. "Les clichés sur le commerçant qui travaille jour et nuit pour dégager un petit revenu, ce n'est pas du tout ça ! Il y a un boulot colossal pour rendre son attractivité au secteur." Elle cite notamment les marchands de biens "rarement au courant de la réalité du métier".

Tout le commerce de proximité concerné

"Tous commerces confondus, les gens n'ont plus envie d'être indépendants" déplore Yoann Mareau. "Les banques ne nous aident pas : elles demandent 80% d'apport pour reprendre mon commerce ! Qui a une telle somme ?"

"Ce n'est pas propre aux maisons de presse, convient Soazig Le Labourier. On y attache peut-être plus d'importance parce que ce sont des points de vente emblématiques mais ils résistent plutôt mieux. Le nombre de commerces de proximité baisse en moyenne de 4 à 5 % par an, les points presse de 3%".

Yoann Mareau vient de renouveler son bail. Il n'y a pour lui aucune urgence à vendre mais il estime "avoir fait le tour" de ce métier. Il espère surtout trouver un repreneur "pour les habitants".