Économie – Social

En Seine-Saint-Denis, le secteur des VTC leader des créations d'entreprises

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu lundi 16 mai 2016 à 19:36

Une formation de futurs chauffeurs VTC à Montreuil
Une formation de futurs chauffeurs VTC à Montreuil © Radio France - Rémi Brancato

De janvier 2015 à mars 2016, 2.600 entreprises de VTC ont été créées en Seine-Saint-Denis, ce qui en fait le secteur le plus dynamique du département. Alors Uber serait-il la solution au chômage des banlieues ? Pas sür. Certains dénoncent les conditions de travail des chauffeurs VTC.

En Île-de-France, le secteur des VTC a le vent en poupe et particulièrement en Seine-Saint-Denis. Dans le département, en 2015, le secteur des voitures de tourisme avec chauffeurs est devenu le 1er secteur en terme de création d’entreprises. C’est ce que montrent les chiffres des greffes des tribunaux de commerce et les chiffres des créations d’entreprises relevées par l'INSEE et compilés la semaine dernière par le site Slate. De janvier 2015 à mars 2016, 10 000 entreprise de VTC ont été créées en France et 2600, soit plus d'un quart, rien qu'en Seine-Saint-Denis. Dans le département le secteur des VTC emploierait même 3% de la population active.

Le secteur des VTC est "une opportunité" pour Fouad Haddouchi

Alors, devenir chauffeur VTC est-elle la seule perspective face au chômage? "Ce n'est pas la seule mais c'est une bonne opportunité pour beaucoup, qui sont sans emploi, qui galèrent et qui ne sont pas forcément diplomés" estime Fouad Haddouchi. Il a fondé "Cab Formations", à Montreuil et Evry en avril 2015 et depuis 1 an, il a formé environ 600 personnes pour devenir VTC.

Un métier "à la portée de tout le monde" mais aux conditions de travail difficiles

Dans son centre de Montreuil, une vingtaine d'élèves préparent en ce moment l'examen de chauffeur VTC, qui a lieu tous les mois depuis février. "C'est en plein essor" estime Guillaume, au chômage et en fin de droits et qui a choisi de se lancer. Abdelmajid, candidat lui aussi, est au RSA depuis plus de deux ans et se dit victime de discrimination à l'embauche, en raison de ses origines. C'est ce qui l'a poussé à se former au métier de VTC : "on ne demande qu'un truc : être bien présenté, bien parler et je pense que c'est à la portée de tout le monde" dit le jeune homme. "Pour devenir chauffeur VTC on ne vous demande pas d'avoir un BAC+4" ajoute Fouad Haddouchi qui estime que le revenu d'un chauffeur peut varier de 1800 à 2000 euros nets mensuels.

Rémi Brancato a rencontré les candidats au métier de VTC à Montreuil

Ce discours, également défendu par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, il y a quelques mois, lors d'une interview. Il défendait Uber comme "un pied à l'étrier" face au chômage des jeunes de banlieue. Et ce discours, il exaspère Sayah Baaroun, secrétaire général de l'UNSA SCP-VTC et chauffeur indépendant. Lui estime que les conditions de travail sur les plateformes comme Uber sont trop difficiles et qu'il faut "travailler 70h par semaine pour un peu plus de 1000 euros par mois". "On a amené un mercenaire américain qui nous prend 20 à 25% de nos recettes" dit-il, ajoutant que face à des revendications pour de meilleures conditions de travail "on nous répond  qu'on est des jeunes de banlieues et qu'on devrait s'estimer heureux d'avoir un boulot."

Sayah Baaroun, secrétaire du syndicat UNSA SCP-VTC