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Entre 2.000 et 6.000 emplois menacés dans le bâtiment en Indre-et-Loire

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Le secteur du bâtiment et des travaux publics a été touché de plein fouet par la crise sanitaire. S'il est pour l'instant sous perfusion, le président de sa Fédération en Indre-et-Loire se dit très inquiet pour l'avenir.

Un menuisier de Joué-lès-Tours estime que la crise va lui coûter entre 15 à 20 000 euros de pertes Un menuisier de Joué-lès-Tours estime que la crise va lui coûter entre 15 à 20 000 euros de pertes
Un menuisier de Joué-lès-Tours estime que la crise va lui coûter entre 15 à 20 000 euros de pertes © Maxppp - Vincent Voegtlin / Maxppp

Alors que la situation sanitaire semble s’améliorer en France, qu’en est-il de la situation économique du pays, de la Touraine en l’occurrence ? Paradoxalement, en ce qui concerne en tout cas le secteur du bâtiment et des travaux publics, très peu de défaillances d’entreprises (dépôts de bilan, liquidations…) sont à déplorer pour l’instant.

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Le pire est à venir

Mais gare au leurre. Car très clairement, le pire reste à venir pour cette filière. Thomas Le Guédard, par exemple, pensait reprendre beaucoup plus tôt, après deux mois d’arrêt, mais pour ce menuisier de Joué-lès-Tours, ça a été la douche froide quand il a appris la liquidation de l’un de ses fournisseurs de fenêtres. "Là je vais me retrouver avec quatre semaines, sans rien à faire à nouveau, le temps d'avoir les matériaux auprès de nouveaux fournisseurs". 

Un mois de plus sans activité, ou presque. Et un acompte de 5.000 euros déjà versé, qu’il ne reverra sans doute jamais. "L'Etat va récupérer tout ce qu'on lui doit. Ensuite les fournisseurs vont récupérer leur dû. Et ensuite passent les clients. Donc à ce titre là, on est quasiment certain de rien récupérer". 

Entre 2.000 à 6.000 emplois menacés

Alors pour l’instant, ce genre de défaillance d’entreprise reste rare dans le département. Mais il ne faut pas s’y tromper pour Stéphane Pouëssel, le président de la Fédération du bâtiment en Indre-et-Loire. La filière est aujourd’hui sous perfusion, avec le report des charges et les prêts garantis par l’Etat. Mais à l’avenir, entre 2.000 à 6.000 emplois pourraient être menacés.

"On a chiffré effectivement entre 10, 20 ou 30% des actifs qui pourraient être sans emploi, il suffit juste de regarder la mobilisation de nos élus quand des entreprises comme Tupperware ont décidé de quitter Joué-lès-Tours et de partir ailleurs", avance Stéphane Pouëssel. "Eh bien, si c'est pour faire cinq ou six fois Tupperware sans lever le petit doigt, je trouve ça très déplorable".

Un appel aux pouvoirs publics

Lui en appelle donc aux pouvoirs publics, pour qu’ils prennent notamment en charge tout ou partie du surcoût liées aux nouvelles mesures de protection. Il précise que le surcoût lié aux équipements de protection (masques, gel, etc), soit en moyenne un euro par heure et par salarié, est déjà pris en charge par l’entreprise. Lui demande que ce soit le surcoût de désinfection des bases vie notamment qui soit pris en charge par les donneurs d’ordre. Ce qui est globalement le cas quand il s’agit de particuliers ou de promoteurs, qu’ils soient privés ou bailleurs sociaux. En revanche, quand les donneurs d’ordre sont publics, collectivités ou autres, il n’y a que très peu, ou même pas du tout de prise en charge, déplore-t-il.

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