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ENTRETIEN - François Flaud : "Les dépôts de bilan sont en baisse au tribunal de commerce de Rennes"

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Par , France Bleu Armorique

C'est le paradoxe de cette crise sanitaire et économique : le nombre de dépôts de bilan est en baisse au tribunal de commerce de Rennes. Point sur la situation avec François Flaud, le président du tribunal de commerce, qui décrit "un coma artificiel" des entreprises locales.

La Cité Judiciaire à Rennes, où se situe la greffe du tribunal de commerce
La Cité Judiciaire à Rennes, où se situe la greffe du tribunal de commerce © Maxppp - Joel Le Gall/PHOTOPQR/OUESTFRANCE

Alors que la France et la Bretagne affrontent une crise sanitaire et économique d'une ampleur inédite, le président du tribunal de commerce de Rennes souligne un paradoxe : les dépôts de bilan d'entreprises locales sont en baisse. Il était notre invité sur France Bleu Armorique ce vendredi 22 mai. Entretien.

France Bleu : Avec cette crise sanitaire et l'arrêt d'une bonne partie de l'économie, on pourrait imaginer qu'il y a de nombreux dépôts de bilan, et pourtant c'est l'inverse ?

François Flaud : C'est un paradoxe, à l'heure actuelle, depuis deux mois, le nombre de dépôts de bilan est en régression au tribunal de commerce. Habituellement, nous avons une quinzaine de dépôts de bilan par semaine à Rennes, et en ce moment on est entre trois et quatre. La raison principale c'est que depuis deux mois, la plupart des entreprises étaient en coma artificiel. C'est à dire qu'elles n'avaient plus de chiffre d'affaires certes, mais elles ne payaient plus rien du tout. Elles ne paient pas leurs salariés puisqu'ils sont au chômage technique. Elles ne paient pas leurs loyers, elles ne paient pas leurs fournisseurs, donc nous avons une situation tout à fait spéciale : les entreprises attendent la reprise.

Est-ce que cela signifie qu'il va y avoir une hécatombe par la suite ?

FF : Tout va dépendre des conditions de la reprise : si, comme je le crains malheureusement, le chiffre d'affaires qui va être fait au cours des trois prochains mois est inférieur de 50% à ce qu'il faisait l'an passé, il faut craindre que les rentrées d'argent ne vont pas permettre de faire face aux dépenses courantes. Les entreprises ne seraient alors pas en mesure de rembourser une partie du retard de leurs paiements qu'elles avaient laissés au début du mois de mars. Et donc on pourrait très bien avoir une première vague de dépôts de bilan dans les mois de juin, juillet et août et début septembre. Après le problème va se poser : comment vont se comporter les consommateurs et les entreprises à la rentrée du mois de septembre ? Aujourd'hui tout nous laisse penser que les consommateurs sont très en retrait, puisque le montant de l'épargne mis sur les livrets depuis le début de l'année atteint un sommet historique. c'est à dire que les gens ont peur, ils ne consomment pas. Or s'ils ne consomment pas, les entreprises ne referont pas leur chiffre d'affaires, et si elles ne font pas leur chiffre d'affaires, malheureusement on aura une deuxième vague de dépôts de bilan.

Cela veut dire que les mesures prises par le gouvernement ont été salutaires dans un premier temps, mais que le réveil va être brutal, va laisser des séquelles, avec des conséquences sur le chômage ?

FF : Oui, il faut absolument que les Français, ceux qui ont de l'épargne, déconfinent leur épargne. Car si les entreprises continuent à tourner à 50, 60, 70% de leur chiffre d'affaires, elles feront des pertes. Et si elles font des pertes elles vont être obligées d'ajuster leurs effectifs, et il y a une crainte non seulement d'une deuxième vague de dépôts de bilan, mais il y a également une crainte d'une montée très importante du chômage dans les trois, quatre derniers mois de cette année. Les plus pessimistes pensent que le chômage pourrait remonter sur un an près des 11%, un chiffre que nous n'avions même pas connu dans les périodes les plus sombres du chômage en France.

Qu'est-ce que vous conseillez aux entreprises en difficulté, puisque le tribunal de commerce a aussi pour mission d'aider les entreprises ?

FF : Notre mission la plus importante à l'heure actuelle c'est la prévention. Nous sommes ouverts pour rencontrer les chefs d'entreprises, les aider à analyser la situation dans laquelle ils sont et voir quelles sont les formes les plus adaptées que nous pouvons mettre à leur disposition : la sauvegarde, la conciliation, la prévention voir éventuellement le redressement judiciaire, pour éviter à tout prix la liquidation judiciaire. Il faut anticiper les difficultés dès à présent et nous sommes à leur disposition pour les aider en ce sens.

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