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Économie – Social

Et si votre fille devenait conductrice de train ?

mercredi 29 mars 2017 à 5:30 Par Maxime Bacquié, France Bleu Azur

Un homme esthéticien ou une femme mécanicienne, ça vous parait bizarre ? En France, les clichés sur le monde du travail ont la vie dure. Seulement 12% des métiers sont considérés mixtes. Pour changer les mentalités, le rectorat de Nice organisait ce mardi une journée de découverte pour les lycéens.

Un groupe de lycéennes a pu découvrir ce mardi à Nice sur le quai de la Gare des Chemins de Fer de Provence, plusieurs métiers liés au train, généralement occupés par des hommes.
Un groupe de lycéennes a pu découvrir ce mardi à Nice sur le quai de la Gare des Chemins de Fer de Provence, plusieurs métiers liés au train, généralement occupés par des hommes. © Radio France

Nice, France

Pour qu'un métier soit dit "mixte", il faut que la part d'hommes ou de femmes ne dépasse pas 60%. Parmi les métiers les plus déséquilibrés, on retrouve par exemple le métier d'orthophoniste, pratiqué par seulement 4% d'hommes. Du côté des femmes, rares sont celles qui occupent le poste de technicienne dans le monde automobile : à peine 8%. La palme du déséquilibre revient au métier d'auxiliaire en puériculture, qui compte 2,8% d'hommes.

La moitié des hommes et des femmes devraient échanger leur métier pour être à l'équilibre

Pour que tous les métiers soient mixtes, en France, il faudrait que la moitié des hommes et des femmes échangent leur job, rien que ça. Un déséquilibre qui n'est pas sans conséquence, puisque 50% des femmes qui travaillent exercent dans seulement 28 des 486 métiers existants.

"Cela a un effet d'entonnoir," explique Anne-Gaëlle Bauchet, directrice d'Alter Égaux, un organisme indépendant qui intervient sur l'égalité professionnelle depuis quatre ans dans les Alpes-Maritimes. "Au moment de choisir un emploi, les filles sont guidées par des préjugés et se dirigent vers très peu de métiers différents, ce qui les mènent donc vers du chômage," poursuit Anne-Gaëlle Bauchet.

Les clichés ont la vie dure

Pour changer les mentalités, son organisme, aux côtés du rectorat de Nice, organisait ce mardi une journée de découverte pour 3.000 lycéens du département. Des petits groupes de garçons étaient plongés dans le quotidien de métiers généralement occupés par des femmes, et inversement.

Par exemple, sept lycéennes de seconde, des établissements Honoré-Estiennes-d'Orves et Parc Impérial, ont pu découvrir les métiers liés au train (conducteur, contrôleur ou chef de gare). Elles se sont notamment rendu compte que les clichés sont encore bien réels. "Un des hommes nous a dit que les femmes ne pouvaient pas porter de charges lourdes, et que c'était à lui de les porter, raconte Loona, pas convaincue par l'expérience. "Je n'ai pas franchement aimé ces métiers, mais pas parce que je ne me sens pas capable de les réaliser, j'ai d'autres projets, c'est tout."

"Je me dis que c'est n'importe quoi, il y a des femmes musclées et des hommes tout maigres."

Cette journée a au moins eu le mérite de renforcer Cindy dans ses certitudes pour le futur. "J'ai envie de devenir militaire. Parce que je me dis que c'est un métier où les femmes ne sont pas encore très bien intégrées, c'est par conviction."

"Je suis rassurée quand je vois leurs réactions," estime Marie, professeur de français et qui encadrait le petit groupe de lycéennes.

"Au lycée, on fait tout un travail en amont pour limiter les préjugés liés au monde du travail, mais ce genre de journée ça permet de se faire une idée plus précise, c'est positif."