Économie – Social

Euthanasie : le texte sur la fin de vie débattu à l'Assemblée

Par Julie Guesdon, France Bleu mardi 10 mars 2015 à 17:17

Le texte vise à plonger les patients en fin de vie dans une sédation profonde et continue, jusqu'à la mort
Le texte vise à plonger les patients en fin de vie dans une sédation profonde et continue, jusqu'à la mort © MaxPPP

Le texte Clayes-Leonetti sur la fin de vie est examiné par les députés à partir de ce mardi. Le texte, qui divise à la fois les pro-euthanasie et les anti, prône le droit à "mourir avant de souffrir". Plus d'un millier d'amendements vont être débattus jusqu'à mercredi soir avant un vote solennel le 17 mars.

Ni pour, ni contre, bien au contraire. La proposition de loi sur la fin de vie arrive ce mardi à l'Assemblée nationale. Co-écrite par le député socialiste Alain Claeys et le député UMP Jean Leonetti, cette loi vise à aménager la législation de 2005. Et elle divise, tant les pro-euthanasie que les anti. 

Un droit à la sédation profonde et continue

Les propositions du texte Claeys-Leonetti ont pour but de faciliter l'accès aux dispositifs médicaux qui existent déjà pour l'accompagnement de la fin de vie. Car à ce jour, selon Jean Leonetti, les lois sont déjà là, mais les accès insuffisants : "On a fait un texte de loi en 1999 pour dire qu'on avait tous accès aux soins palliatifs et aujourd'hui [...] un Français sur cinq seulement y a droit" . De même, le droit pour un malade de refuser un traitement (loi de 2002) "continue de poser problème" . Il en est de même pour l'acharnement thérapeutique, définitivement interdit en 2005 "et pourtant il continue" .

Cette fois-ci, le texte réclame le droit à "la sédation profonde et continue ", c'est à dire la possibilité pour un malade qui souffre d'une maladie incurable et dont le diagnostic vital est engagé à court terme de "réclamer de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir" . Cette demande serait suivie d'un arrêt des gestes de réanimation pour que la mort survienne "dans les quelques heures ou quelques jours" .

Une "lente agonie" pour les pro-euthanasie

Mais ce texte est controversé. Pour les pro-euthanasie, la mesure reviendrait à "mourir de faim et de soif après plusieurs jours d'une agonie lente et hypocrite" , à l'instar des protestations émises par l'Association pour le Droit à mourir dans la dignité (ADMD). Ses membres réclament à la place une "loi d'ultime liberté" destinée à autoriser l'euthanasie active. Et au sein même des socialistes, 120 députés (sur les 287 que compte la majorité) souhaitent amender le texte en préconisant une "assistance médicalisée active à mourir".

Pour des raisons bien différentes, les anti-euthanasie s'opposent également au texte. Le collectif Alliance Vita, un mouvement proche de la Manif pour tous, réclame des ajustements pour rassurer à la fois les patients et les médecins contre "les dérives inéluctables d'un tel projet" . Quelques dizaines de députés UMP, souvent membres de la conservatrice Entente parlementaire pour la famille, ont déposé des centaines d'amendements pour occuper le terrain.

Les deux parties opposées au texte se sont réunies séparément devant l'Assemblée mardi pour manifester leur désaccord.

1.051 amendements et deux jours de débats

D'ici mercredi soir, au moins, les députés vont devoir examiner 1.051 amendements au texte de loi, dont une bonne partie déposée par les opposants qui jugent la loi Leonetti de 2005 suffisante. Un vote solennel doit ensuite avoir lieu le 17 mars prochain.

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