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Économie – Social

Faut-il craindre une nouvelle pénurie de beurre ?

jeudi 3 mai 2018 à 17:22 Par Viviane Le Guen, France Bleu

La hausse du prix du beurre préoccupe de nouveau les boulangers qui ont publié mercredi un communiqué alarmiste. Faut-il s’attendre à une nouvelle crise? France Bleu fait le point.

Le beurre coûte 25% plus cher qu'en avril 2017.
Le beurre coûte 25% plus cher qu'en avril 2017. © Maxppp - Jean-François FREY

Risque-t-on, comme l'an dernier, de manquer de beurre dans les supermarchés ? Les cours flambent,  5.650 euros la tonne en avril, contre 4.500 euros la tonne l'année passée à la même époque, selon la Fédération des entreprises de boulangerie qui a publié un communiqué mercredi. "Et cela pourrait encore augmenter dans les prochains mois" juge Gérard You, responsable Economie des filières à l'Institut de l'élevage, l'Idèle

Pourquoi les prix augmentent-ils ?

"2018 s'annonce pire que 2017" pronostique pour sa part Mathieu Labbé, délégué général de la Fédération des entreprises de boulangerie. 25% plus cher qu'en avril 2017, le prix du beurre s'envole, encore "plus tôt" que l'an dernier selon lui. 

Premier élément d'explication : alors que la demande ne cesse de croître, la production de lait - matière première du beurre - diminue. Face à la crise traversée par le secteur, les éleveurs français et européens ont en effet été encouragés par l'UE à réduire leur production. En France par exemple elle s'élevait à 24.463.000 litres en 2016 contre 25.049.000 litres en 2015 selon le CNIEL.

Autre raison structurelle qui explique la flambée des cours pour Gérard You : "le déséquilibre entre le marché du beurre, qui se porte bien, et celui de la poudre de lait, qui va mal." Avec la fin des quotas laitiers, l'Europe a acheté et stocké d’importantes quantités de poudre de lait. "Il faudra au moins deux ans avant de pouvoir écouler ces stocks" et que les prix remontent estime le spécialiste. En attendant, les transformateurs, qui vendent les deux, compensent avec le beurre. 

Y a-t-il un risque de pénurie ?

Même si l'UE n'a pas de stock de beurre avec lequel elle pourrait remplir les rayons de supermarchés pour faire baisser les cours, le risque d'une pénurie est relatif pour Gérard You. "En dépit des aléas climatiques et de la mauvaise récolte fourragère la production de lait est dynamique" selon lui.

Si les consommateurs ne se précipitent pas dans les magasins par crainte de manquer, il ne devrait donc pas y avoir de rupture de stock.

Quelles conséquences pour les consommateurs ?

A défaut de manquer, les consommateurs pourraient en revanche devoir mettre la main à la poche. Pour Mathieu Labbé, augmenter le prix des pâtisseries et viennoiseries, à forte teneur en beurre, est impératif pour "éviter l'effondrement des marges" des professionnels.  

L'ensemble des acteurs se sont déjà mis d'accord lors des États généraux de l’alimentation. Les distributeurs ont notamment accepté des hausses modérées des prix payés aux fabricants de produits utilisant du beurre. Mais ces hausses "se révèlent déjà insuffisantes" selon la Fédération des entreprises de boulangeries qui demande à la grande distribution, et au secteur de la restauration, de faire un nouveau geste.