Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Fécamp se mobilise pour garder "son" Monoprix

mardi 11 septembre 2018 à 19:03 Par Antoine Sabbagh, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Une pétition, des manifestations : dans la ville portuaire, la population, très attachée, au magasin située en plein centre-ville s'émeut de la fermeture prochaine du Monoprix. Le magasin baissera définitivement son rideau le 29 septembre prochain.

Angelina et Barbara, deux salariées mobilisées pour dénoncer la fermeture du magasin
Angelina et Barbara, deux salariées mobilisées pour dénoncer la fermeture du magasin © Radio France - Antoine Sabbagh

Fécamp, France

S'il y avait un bon indicateur de l'émotion des fécampois, le voici : une pétition pour dénoncer la fermeture prochaine du Monoprix a déjà recueilli 6 500 signatures alors que la ville compte 19 000 habitants. C'est dire si la fin prochaine de ce magasin centenaire fait parler dans la commune. "Ici Monoprix c'est une légende, confie une habituée de l'enseigne. On a toujours connu Monoprix, c'est là qu'on se retrouve, qu'on se donne rendez-vous. On a tous habillé nos enfants ici, c'est vraiment moche cette fermeture".

Ce sentiment est partagé dans la rue piétonne où l'enseigne est implantée depuis plus de 100 ans "C'est vraiment dommage, nous dit une sexagénaire. D'autant que plusieurs magasins ont déjà fermé à Fécamp, le centre-ville se meurt. Si ça continue, il n'y aura plus que la Poste".

La fin d'une "légende" de Fécamp

La ville a pourtant été retenue il y a quelques mois pour intégrer le dispositif "Action coeur de ville" pour redynamiser le commerce des centres-villes dans les communes moyennes. Et la maire s'engage sur le dossier Monoprix "On ne veut pas rester sur le constat que c'est un coup dur. On est en négociations avec des groupes qui pourraient venir s'implanter. Je ne veux surtout pas d'une dent creuse en pleine rue piétonne. Au pire le 1er octobre nous installerons des expositions artistiques, mais il faut que l'endroit reste un lieu de vie" affirme Marie-Agnès Poussier Winsbach, tout en reconnaissant une marge de manoeuvre limitée car Monoprix reste propriétaire des murs.

Dans son vestiaire, Angelina l'une des employées montre la pile de signatures de soutien recueillies - Radio France
Dans son vestiaire, Angelina l'une des employées montre la pile de signatures de soutien recueillies © Radio France - Antoine Sabbagh

L'enseigne refuse de commenter la fermeture de son magasin normand, mais plusieurs raisons en seraient à l'origine. D'abord la stratégie de Monoprix de se concentrer sur les grandes villes et puis le coût de réhabilitation du bâtiment qui abrite le magasin, bâtiment effectivement en mauvais état. "Mais on a l'impression que Monoprix a laissé le bâtiment se dégrader pour maintenant dire que la réhabilitation coûte trop chère", peste une salariée du magasin fécampois qui est aussi en colère contre les offres de reclassement proposées par Monoprix : "Ils ne me proposent que le Havre, ça me coûterait 300 euros d'essence par mois, 40 euros de parking, c'est impossible pour moi qui touche le SMIC"

Les clients au chevet des salariées

Les salariés, ils sont 6 et se désolent de voir le magasin se vider petit à petit. La marchandise n'est plus livrée et certains rayons commencent donc à disparaître "Ca fait vraiment mal au coeur, avoue Angelina, une employée. Heureusement on reçoit énormément de témoignages d'affection de nos clients, surtout de nos habituées. Elles nous apportent des chocolats, des pains au chocolat, nous disent des mots gentils. Il faut dire qu'ici c'est très convivial : on fait la bise à beaucoup de clientes et il n'est pas rare que pour aider les personnes âgées, on leur apporte leurs courses chez elles"

Reportage d'Antoine Sabbagh à Fécamp

C'est donc plus qu'un simple magasin qui va disparaître le 29 septembre à Fécamp. C'est un lieu de convivialité, une institution de la ville, ce qui explique l'émotion de toute la population. Et même de certaines célébrités qui passent leurs vacances dans la région, comme Katerine Pancol ou Valérie Lemercier.