Économie – Social

Fenwal : la direction fait un geste, les salariés restent sceptiques

France Bleu Berry jeudi 19 mars 2015 à 18:44

Fenwal produit surtout des poches à sang, une activité qui va disparaître de son site berrichon.

A moins de deux semaines de la fin des négociations du plan social, la direction de l’entreprise de la Châtre a fait un geste. Alors qu’elle proposait jusque-là 338 suppressions de postes, il n’y en aurait 299, soit 39 emplois sauvegardés. Pour les salariés, cette annonce n'est pas suffisante et les blocages se poursuivent dans les négociations.

La direction de Fenwal a fait un pas en direction des salariés ce jeudi dans le cadre de la négociation du plan de sauvegarde de l’emploi. L’entreprise a annoncé qu’elle allait conserver 39 postes de plus que ce qui était prévu jusqu’ici . Dans le détail, il s’agit d’un poste d’infirmière, de trois postes administratifs et de 35 postes consacrés à la fabrication de poches à sang. Une avancée qui interroge tout de même les salariés puisque depuis l’annonce du plan social la direction explique qu'elle veut justement abandonner cette production des poches à sang qui ne serait pas assez compétitive. Ce jeudi matin, l’entreprise a expliqué qu’elle allait finalement répondre à un appel d'offre de l'Établissement français du sang pour décrocher une commande de poches moins chères à fabriquer que les poches actuelles.

Des salariés mobilisés, une négociation au point mort

Du côté des salariés de Fenwal cette nouvelle ne satisfait pas pour autant, la plupart d’entre eux tiennent un piquet de grève devant l'usine de la Châtre depuis ce jeudi matin, et pour eux cette annonce ne serait que "de la poudre aux yeux" . Ils considèrent que le geste de la direction est surtout un appel du pied en direction de l'Inspection du travail qui doit valider le plan de sauvegarde de l’emploi et qui s’était montrée très critique sur les propositions avancées jusque-là. Les négociations sont en tout cas toujours au point mort , ce jeudi après-midi le comité d’entreprise a d’ailleurs quitté la réunion avec la direction. En cause, les primes "supra légales" c’est-à-dire les primes de départ calculées en fonction de l'ancienneté . Les salariés réclament deux mois et demi de salaire par année travaillées, c’est dix fois plus que ce qui était prévu dans le plan social. La direction a tout de même annoncé qu’elle allait porter le montant de ces primes à 700 euros par année travaillées pour tous le personnel licencié, quel que soient le montant des salaires de base. Pour le collectif des salariés ce geste n’en serait en fait pas un, d’après ses calculs, Fenwal a simplement changé la répartition des primes, sans en augmenter l’enveloppe. Une provocation supplémentaire, estiment les salariés qui avaient prévu de reprendre le travail ce vendredi mais qui pourraient du coup décider de poursuivre la grève .

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