Économie – Social DOSSIER : Fessenheim : la plus ancienne centrale nucléaire de France

Fermeture de Fessenheim : mobilisation des salariés d'EDF mercredi

Par Céline Rousseau et Patrick Genthon, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu mardi 13 septembre 2016 à 15:48

Manifestation des salariés de la centrale nucléaire de Fessenheim contre la fermeture en juin 2015
Manifestation des salariés de la centrale nucléaire de Fessenheim contre la fermeture en juin 2015 © Maxppp -

Les salariés d'EDF sont appelés à faire grève ce mercredi contre la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Un comité central d'entreprise se tient à Levallois-Perret sur le sujet. Une centaine de salariés alsaciens font le déplacement.

Un appel à la grève est lancé ce mercredi à l'ensemble des salariés d'EDF par l'intersyndicale (CFE-CGC, CFDT, CGT et FO). Les syndicats veulent une nouvelle fois protester contre la fermeture programmée de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin. Ce mercredi (14h) se tient à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), un comité central d'entreprise extraordinaire consacré à ce sujet.

Une centaine de salariés de Fessenheim va manifester devant le CCE 

L'accord entre l'Etat et EDF doit y être examiné. Il porte sur les modalités d'indemnisation de l'électricien pour compenser la fermeture anticipée de la plus vieille centrale nucléaire de France. L'arrêt définitif de Fessenheim, promesse de campagne de François Hollande, est prévu en 2018. D'ici là, le CCE devra rendre son avis d'ici fin octobre. Le conseil d'administration d'EDF devra ensuite se prononcer d'ici la fin de l'année. Enfin, le gouvernement pourra prendre un décret pour abroger l'autoriser d'exploitation de la centrale alsacienne.

Pour les syndicats, cette décision de fermeture est "scandaleuse". En Alsace, l'inquiétude est importante. Une centaine de salariés alsaciens iront manifester devant le CCE ce mercredi. Ce sont "plus 2.000 emplois directs qui sont concernés" rappelle Eric Straumann, député LR du Haut-Rhin, "mais aussi plusieurs dizaines de millions d'euros de retombées économiques en terme de pouvoir d'achat des salariés, sans compter l'impact sur la fréquentation des écoles, le marché de l'immobilier... Tout cela aura des conséquences graves pour le territoire".

Le gouvernement pousse des cris d'horreur quand Alstom veut fermer son site de Belfort, mais il applique la même politique à Fessenheim" - Claude Brender, maire de Fessenheim

Claude Brender, le maire de Fessenheim tient à "dénoncer le double langage du gouvernement qui d'un côté pousse des cris d'horreur quand Alstom veut fermer son usine ou la délocaliser de Belfort à Reichshoffen et qui finalement applique la même politique à Fessenheim, c'est-à-dire fermer une usine qui tourne qui emploie 1.000 salariés sur le site, 2.400 avec les emplois induits".

A Fessenheim, beaucoup refuse de croire à la fermeture de la centrale et attendent un retournement de situation avec les échéances électorales. "Intimement je pense que Fessenheim ne fermera pas avant la prochaine présidentielle, j'en suis convaincu", prédit ainsi le député Eric Straumann.