Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Fermeture de l'usine des Clavaux : "On fait des bénéfices mais on nous ferme, on ne comprend pas !"

-
Par , , France Bleu Isère

L'annonce a été faite avant-hier lundi lors d'un comité européen d'entreprise du groupe Ferroglobe, propriétaire de Ferropem: 360 postes vont être supprimés, dont les 129 de l'usine de Livet-et-Gavet (Isère). Patrick Champin, délégué CGT, était l'invité de France Bleu Isère ce mercredi matin.

Une soixantaine de syndicalistes se sont rassemblés, ce vendredi matin, devant l'usine des Clavaux à Gavet, dans la vallée de la Romanche, pour demander des explications à la direction de Ferropem.
Une soixantaine de syndicalistes se sont rassemblés, ce vendredi matin, devant l'usine des Clavaux à Gavet, dans la vallée de la Romanche, pour demander des explications à la direction de Ferropem. © Radio France - Bastien Thomas

Vous vous y attendiez ?

Ça reste un très grand coup de massue sur la société et sur l'usine des Clavaux. On s'attendait à avoir énormément de dégâts mais pas à ce point, et pas 362 salariés qui sont licenciés d'un coup. Donc oui on ne comprend pas la raison économique sur laquelle ils (la direction du groupe, ndlr) se fondent. L'usine des Clavaux sort du bénéfice en ce moment donc quelle est la stratégie d'arrêter une usine comme la nôtre? On ne comprends pas.  On nous donne des raisons économiques qui ne sont pas justifiées pour nous. Ils veulent fermer deux usines pour essayer de faire en sorte que les autres puissent tourner à 100 % de leurs capacités. Ce qui est sur le papier bien réalisable, mais en réalité complètement faux. Ils ferment l'usine des Clavaux alors que notre directeur nous annonce que ça fait plusieurs mois qu'on gagne de l'argent. On gagne de l'argent, on fait des bénéfices mais on nous ferme... on ne comprends pas!

Vous produisez du silicium, ça sert à quoi ?

C'est de la matière première directe, naturelle, sur laquelle on extrait du quartz qui sert à plusieurs produits. Ça peut être des produits mécaniques dans la métallurgie (pour les les alliages en aluminium à destination de l'industrie automobile ou d'autres choses). C'est la matière première pour tout ce qui est à base de silicone. Pendant que tout était fermé l'année dernière en raison du Covid, nous nous tournions parce qu'on estimait que l'usine des Clavaux comme les autres était une usine essentielle pour la pharmaceutique ; on produisait du silicone pour le matériel médical. Ors là on n'est plus essentiel pour tout le monde car même en faisant du bénéfice on nous ferme .

L'usine des Clavaux, c'est une usine historique dans la vallée de la Romanche. C'est peut-être la dernière encore en activité dans ce secteur qui s'est désindustrialisé au fil des années...

Tout à fait l'usine des Clavaux a plus de 120 ans et c'est la dernière qui reste dans la vallée de l'Oisans, la dernière grande industrie qui reste chez nous.

Avec un savoir-faire, et j'imagine qu'il y a des fournisseurs, tout un maillage économique autour... 

C'est tout un maillage économique à côté en effet. L'usine des Clavaux c'est 129 salariés, un peu plus pour Chateau-Feuillet (l'usine de La Léchère en Savoie où 230 postes vont être supprimés, ndlr). Donc 129 familles détruites et tout un système économique à côté (des fournisseurs directs, des entreprises qui travaillent pour nous) qui va être mis à sac. On peut donc multiplier par deux ou trois le nombre de familles et de salariés qui vont être détruits à cause de décisions économiques d'un groupe qui ne cherche qu'une chose : garder du bénéfice et récupérer des dividendes pour les actionnaires .

Est-ce que vous avez un espoir d'arriver à convaincre le groupe Ferroglobe de vous sauver quand même?

Je pense que le seul espoir qu'on peut avoir va se se jouer au niveau des politiques, des médias, et au niveau de la justice. Si on arrive à obliger Ferroglobe à faire quelque chose... Ce qui a été dit au comité européen et au comité central est net et précis : c'est leur stratégie de fermer deux usines, deux sites complets. C'est l'arrêt complet de la production sur 2 sites des 6 sites en France ; donc je ne vois pas quelles sont les les revirement de situation qui pourraient y avoir... si ce n'est avec une pression mise par le gouvernement et par les actions de justice qu'on pourrait mener. 

Et sans reclassement ? 

Ce sont des licenciements économiques. On n'a pas encore ouvert les négociations sur les suppressions et la possibilité de reclassement derrière.  On nous propose pour l'instant une trentaine de reclassement dans les différents sites. 357 salariés mis à la porte et on nous propose 30 postes ; c'est déjà ça mais ça reste faible. On fait quoi du reste des familles? 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess