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Économie – Social DOSSIER : La fermeture de l'usine Tupperware de Joué-les-Tours

Fermeture de l’usine Tupperware en Touraine : "On nous a donné un sacré coup de couteau dans le dos"

mercredi 3 janvier 2018 à 15:33 Par Armêl Balogog, France Bleu Touraine et France Bleu

Les salariés de l’usine Tupperware à Joué-lès-Tours font trois jours de grève, du mardi 2 au jeudi 4 janvier. Ils veulent influencer les négociations entre les représentants du personnel et les dirigeants de l’entreprise, en vue de la fermeture de l’usine fin février.

Grève des salariés de l'usine Tupperware de Joué-lès-Tours deux mois avant sa fermeture
Grève des salariés de l'usine Tupperware de Joué-lès-Tours deux mois avant sa fermeture © Radio France - Armêl Balogog

Joué-lès-Tours, France

"On travaille, ils profitent !" L'un des slogans des salariés en grève, du mardi 2 au jeudi 4 janvier. Ils ont accroché plusieurs banderoles aux grilles de l’usine Tupperware de Joué-lès-Tours. "235 familles condamnées. Honte à Tupperware."

Dans deux mois, les salariés vont tous perdre leur emploi, à la fermeture de l’usine. Avant cela, ils espèrent pouvoir influencer les décisions quant à leurs indemnités supra-légales et au plan de reclassement, au menu des négociations du 4 janvier.

Les salariés se sentent trahis

"Ça fait mal au cœur. On nous a donné un sacré coup de couteau dans le dos", commente Sophie, 25 ans de "boîte". Devant l’usine pour participer à son blocage partiel, elle se dit "écœurée".

"On ne sait pas de quoi on va vivre après, témoigne-t-elle. C’est un changement de vie totale, parce que pour nous ici c’était une famille. On est arrivées, on était toutes jeunes. On s’est vues vieillir. On a connu nos familles, on les a vues changer, s’agrandir."

On a peur du lendemain. – Sophie, 25 ans d’ancienneté

Les salariés bientôt licenciés de l'usine Tupperware à Joué-lès-Tours témoignent de leur colère - Radio France
Les salariés bientôt licenciés de l'usine Tupperware à Joué-lès-Tours témoignent de leur colère © Radio France - Armêl Balogog

La colère sur les tee-shirts et les banderoles 

Les salariés ont accroché une centaine de tee-shirts aux grilles de l'usine. Sur tous, est imprimé "Tupperware. Need a job" (besoin d’un emploi, nldr). Et sur chacun, des messages personnels :

"Claudie. 54 ans. 33 ans d’ancienneté. Pressée comme un citron, jetée comme un kleenex." "David. 25 années. Des paroles, des actes, des ordonnances. Merci patron." (Faisant références aux ordonnances d’Emmanuel Macron pour réformer le code du travail, et au film de François Ruffin intitulé « Merci Patron », nldr.) "Didier B. 50 ans. 2 enfants. Assassiné de sang-froid le 19 octobre 2017."

Le 19 octobre 2017, c’est le jour de l'annonce de la fermeture de l'usine par sa direction. Deux mois plus tard, Sylvie n'en revient toujours pas, "surtout qu’en janvier on nous avait dit « non, non, ça ne fermera pas ». On s’est laissé berner et si on veut des revenus maintenant il va falloir se battre."

L’écœurement des salariés de l'usine Tupperware en Touraine à deux mois de sa fermeture - Radio France
L’écœurement des salariés de l'usine Tupperware en Touraine à deux mois de sa fermeture © Radio France - Armêl Balogog

Les négociations entrent dans le dur sur les indemnités

Sylvie espère des indemnités plus élevées que les 10.000 à 15.000 euros envisagés. Laurent, un délégué du personnel, va négocier avec les dirigeants, jeudi 4 janvier, pour augmenter les indemnités supra-légales proposées par l’entreprise, à savoir quatre à six mois de salaire selon l’ancienneté.

"On a proposé une autre somme, mais je ne peux pas vous dire combien on a proposé, dit-il, voulant garder le secret. La moyenne d’ancienneté est de 26 ans et on sait qu’il y a des gens qui vont rester sur le carreau. Niveau indemnités, on attend quelque chose qui soit digne."

Comment retrouver un emploi à plus de 50 ans ?

Sur le carreau, car l’âge moyen des salariés est de 52 ans. "On sait que le marché du travail ne va pas très bien. C’est une angoisse. De repartir comme ça à la découverte de la vie, ça va nous faire drôle", confie Sophie. Pour laisser le temps aux salariés "de se retourner", Antonio Constantino, le délégué CGT de l’usine, veut négocier un plan de reclassement de 24 mois, et non 18 comme annoncé.

On n’a plus envie de jouer – Sophie, salariée

Aux portes de l’usine, Sophie s’impatiente. "On espère avoir quelque chose de correct pour qu’on reconnaisse notre travail, nos années, nos sacrifices. Qu’ils n’oublient pas ça. Parce que c’est grâce à nous aussi qu’ils ont grandi. "