Économie – Social

Fermeture de la BA 102 : les commerçants de Longvic tiennent le choc

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne mercredi 14 octobre 2015 à 18:02

Le centre-ville de Longvic est situé à quelques centaines de mètres de la BA 102
Le centre-ville de Longvic est situé à quelques centaines de mètres de la BA 102 © Radio France - Arnaud Racapé

Il y a tout juste un an, les annonces de restructurations au ministère de la Défense sonnaient le glas de la base aérienne 102, installée depuis plus de 100 ans à Longvic.Les premiers effets n'ont pas tardé à se faire sentir sur l'activité de la ville, même si les commerçants s'attendaient à pire.

Dans le petit centre-ville de Longvic, les témoignages divergent. Sans surprise, les plus exposés sont les commerçants de proximité : le fleuriste, la pharmacie... mais aussi la pizzeria du centre. Annie est propriétaire à la fois de la pizzeria et du bar du Pont, et elle a bien du mal à faire tourner ses boutiques. "Toutes les semaines j'avais des grosses commandes, 50 pizzas, 40 sandwichs des plats préparés, des salades à emporter. Les militaires venaient boire un verre en attendant. C'est vrai qu'aujourd'hui j'ai moins de clients, ça a beaucoup touché le chiffre d'affaires."

Pas de catastrophe économique

Pour autant, la catastrophe économique redoutée n'a pas eu lieu. Pas encore, en tout cas. Stéphanie a certes constaté une baisse des ventes dans sa boulangerie qui fait face à la route de Dijon, mais rien comparé à ce qu'elle craignait au moment où la fermeture a été annoncée : "ça a eu un impact surtout sur les ventes du matin telles que la viennoiserie, surtout sur le vendredi, les ventes du weekend. On a perdu 30% du chiffre d'affaires, sur la viennoiserie uniquement. Mais on était beaucoup plus inquiets que cela, pour l'instant c'est assez stable."

La base aérienne 102 devrait accueillir une école de gendarmerie - Radio France
La base aérienne 102 devrait accueillir une école de gendarmerie © Radio France - Arnaud Racapé

Dans un an, qu'est-ce qui va se passer ? 

Tout est dans ces deux mots : "pour l'instant". Car désormais, les regards sont tournés vers l'été 2016, date à laquelle la plupart des militaires et civils de la base auront définitivement plié bagages. Un horizon bien incertain pour Joël, qui tient le tabac du centre. Il n'a jusque là constaté aucun mouvement à la baisse dans son activité, mais il reste aux aguets : "il reste encore environ 700 personnes dans la base. Dans un an, qu'est-ce qui va se passer ? Je n'en sais rien. Si ce n'est que l'arrivée, a priori, d'une école de gendarmerie devrait combler une partie du manque à gagner."

Un impact visible dans le centre-ville

Une école qui de l'avis de tous ne suffira pas à compenser le départ des 1600 habitants de la base aérienne. D'ailleurs, à bien évoquer le sujet avec les Longviciens, l'impact de cette fermeture est déjà visible à l'oeil nu. Béchir résume en quelques mots l'avis de ses concitoyens : "le centre-ville est devenu mort. Plus ça va, plus ça devient une ville-dortoir.". Un constat sévère mais partagé par Fabienne, agente d'entretien : "C'est vrai qu'il y a moins de monde. Ca se voit aussi à l'école. Il y a moins d'enfants, ils ont dû fermer des classes". Et Fabienne de s'interroger : "aujourd'hui il y a tous ces commerces de proximité, mais demain, s'ils viennent à disparaître, qu'est-ce qui va se passer pour les gens qui comptent sur eux, les petits vieux ?"

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Le maire de Longvic au micro FB Bourgogne