Économie – Social

A Feurs, le bras de fer continue entre les salariés et la direction de l'usine Castmetal

Par Marc Vantorhoudt, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 19 avril 2017 à 21:56

Depuis deux semaines l'usine Castmetal de Feurs est totalement à l'arrêt.
Depuis deux semaines l'usine Castmetal de Feurs est totalement à l'arrêt. © Radio France - Marc van Torhoudt

C'est le plan social présenté par la direction en janvier dernier qui a mis le feu aux poudres. 55 emplois supprimés (un nombre revu à 51 depuis), 5 ans après un premier plan de licenciement de 25 personnes. Depuis 2 semaines, l'usine est bloquée par une centaine de grévistes qui se relaient.

L'odeur de brûlé est encore dans l'air. Le portail est noirci et à son pied un tas de cendres finit de brûler. Depuis deux semaines, plus de la moitié des 245 salariés de l'usine Castmetal de Feurs, dans le centre de la Loire, sont en grève. Ils s'opposent à un plan social de leur direction. Il prévoit 51 suppressions de poste, dont une quarantaine de licenciements et de reclassements.

Les grilles de l'usine restent closes depuis deux semaines. - Radio France
Les grilles de l'usine restent closes depuis deux semaines. © Radio France - Marc van Torhoudt

Les négociations au point mort

Depuis jeudi 13 avril, aucun échange n'avait eu lieu entre direction et représentants syndicaux. Ce mercredi 19, des grévistes ont donc décidé de pénétrer sur le site pour aller s'adresser directement à leur administration. Après 6 à 7 heures d'attente, vers 15h30, des négociations ont pu avoir lieu, sans plus de résultats que la semaine précédente.

"Le blocage vient de la direction, affirme Ludwig Beraud, délégué syndical de la CGT, l'organisation à l'origine du mouvement. Elle ne fait aucune proposition, ni sur les indemnités de licenciement, ni sur les possibilités de supprimer moins de postes. Je crains la réaction des collègues quand ils apprendront que la situation reste bloquée, demain à l'Assemblée Générale."

Cela peut durer encore plusieurs semaines.

Pour les salariés de Castmetal, c'est le deuxième plan social en 5 ans. Après un mois de grève en février 2012, 25 postes avaient finalement été supprimés. Selon Ludwig Beraud, "il n'y a aucune volonté de la direction d'investir dans l'usine. Le dernier investissement majeur remonte à 2010. On ne peut pas conquérir de nouveaux marchés."

Ludwig Beraud déplore l'absence du dialogue avec la direction.

"Je n'avais jamais vu une telle détermination chez mes collègues. Ils iront jusqu'au bout, même si ça dure plusieurs semaines encore", conclut le délégué.

La direction dénonce le blocage de la CGT

En face on pointe la responsabilité du syndicat dans le blocage des discussions. La direction estime avoir fait des propositions : une prime supplémentaire pour les salariés licenciés, ou la prise en charge du loyer jusqu'à 5 mois en cas de reclassement d'un salarié loin de chez lui...

Pour l'instant... la balle est dans le camp de la DIRECCTE... elle doit valider l'accord... sa décision devrait tomber en fin de semaine...