Économie – Social DOSSIER : Alstom Transport à Belfort : encore un avenir ?

Fin de la production d'Alstom à Belfort : "Pas vraiment une surprise", pour l'économiste Olivier Klein

Par Hajera Mohammad, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon et France Bleu jeudi 8 septembre 2016 à 9:15

Le site d'Alstom Transport à Belfort
Le site d'Alstom Transport à Belfort © Radio France - Hugo Flotat-Talon

La direction d'Alstom Transport à Belfort a annoncé la nouvelle mercredi aux 500 employés du site : la production des trains sera transférée d'ici 2018 sur le site alsacien de Reichshoffen. Pour l'économiste Olivier Klein, les alertes se multipliaient depuis plusieurs années.

"Un coup de marteau en plein visage", "un coup de couteau dans le dos" : les syndicats n'ont pas caché leur colère et surtout leur surprise après l'annonce de la direction mercredi 7 septembre. Cette dernière a justifié sa décision de fermer le site de production belfortain d'ici 2018, à cause de la baisse des commandes sur le site franc-comtois. Elle devrait baisser de 30% d'ici 2018. Si les employés ont été choqués par cette annonce totalement inattendue pour eux, l'économiste Olivier Klein, lui n'est pas vraiment surpris.

Plusieurs alertes sérieuses sur Alstom depuis trois ans - Olivier Klein , économiste

"Je ne suis pas vraiment surpris, ça fait quand même trois ou quatre ans qu'il y a des alertes sérieuses sur Alstom. Les commandes deviennent rares et quand il y en a qui débouchent sur des constructions, elles se font à l'extérieur" , affirme le spécialiste de l'économie ferroviaire. Olivier Klein développe : "On est sur un marché de renouvellement des rames, pas d'extension et le TGV du futur sera construit à partir de 2022. Ça ne va rien changer à la situation du site de Belfort aujourd'hui."

Alstom Belfort, un enjeu de la prochaine présidentielle ?

"Tous les ingrédients sont là" pour faire de cette fermeture un enjeu politique, explique Olivier Klein. "Il y a cet aspect symbolique, historique, l'attachement au territoire" qui peut jouer mais en même temps il ne faut pas oublier les "politiques qui affirment qu'il faut laisser faire le marché, sans intervenir" rappelle l'économiste. Les syndicats, eux, comptent bien mettre la pression sur les élus et le gouvernement. A quelques mois de l’élection présidentielle, impossible de laisser couler ce fleuron de l'industrie française affirment les délégués syndicaux.

Olivier Klein, économiste : "Ce n'est pas une surprise, l'industrie ferroviaire a évolué"

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