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Économie - Social
Dossier : Mouvement de grève contre la réforme des retraites

Financement des retraites, âge pivot : en quoi consiste cette journée-clé de ce vendredi ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Pierre d'achoppement de la réforme des retraites, la question de son financement fait l'objet d'entretiens au sommet ce vendredi, entre un gouvernement et des syndicats en désaccord sur l'ampleur des déficits, mais aussi sur le délai pour les résorber et les moyens d'y parvenir.

Laurent Berger et Edouard Philippe, le 25 novembre 2019
Laurent Berger et Edouard Philippe, le 25 novembre 2019 © AFP - ERIC FEFERBERG

Une conférence de financement des retraites a été proposée par la CFDT, en échange du retrait de l’âge pivot fixé à 64 ans dans la réforme. Une idée validée par le gouvernement. Cette idée d'une conférence de financement "est bonne mais nous devons nous mettre d'accord sur le mandat de cette conférence, sur le délai qui lui sera accordé pour aboutir ou dégager des solutions consensuelles", a réagi Édouard Philippe.

C'est pourquoi le Premier ministre a proposé de réunir les partenaires sociaux ce vendredi à Matignon pour en discuter alors que l'avant-projet de loi a été dévoilé cette nuit. Edouard Philippe - avec à ses côtés de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et du secrétaire d'Etat chargé des retraites Laurent Pietraszewski - reçoit les partenaires sociaux les uns après les autres tout au long de la journée depuis 8h30. Neuf réunions de 45 minutes chacune sont programmées.

Quel est le but ? 

Laurent Berger, le n°1 de la CFDT, a proposé d'organiser une "conférence de financement" du système de retraites, distincte du projet de loi en préparation. Objectif : dissocier les négociations sur le contenu de la réforme de celles concernant son financement. "On convoque une conférence de financement des retraites qui, jusqu'à fin juillet, fin septembre, travaille à des propositions pour l'équilibre du régime à moyen et long terme", a-t-il expliqué.

D'ici cette réunion, Laurent Berger et le secrétaire général de l'Unsa avaient demandé à ce que l'âge pivot à 64 ans (limite avant laquelle on part à la retraite avec une décote) soit retiré du projet de réforme des retraites. "Dans l'état de tension dans lequel est notre pays, ce serait de bon ton d'avoir une annonce que l'âge pivot est retiré du projet de loi actuel, sinon la CFDT ne s'inscrira pas durablement dans cette discussion", a prévenu Laurent Berger. "Si l'objectif de cette conférence de financement, c'est de recycler l'âge pivot, la réponse est non", a-t-il insisté.

Concernant le calendrier de la "conférence de financement", le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin affirme que l'exécutif "est prêt à donner du temps" à cette conférence, mais souligne que la faire durer jusqu'en juillet, comme le souhaite le syndicat, "ne serait pas compatible avec le calendrier législatif".

Le projet de loi doit être présenté le 24 janvier, avant d'être examiné à l'Assemblée à partir de la mi-février, pour une adoption avant l'été.

Combien d’argent faut-il ?

Aucune des mesures du projet de la réforme des retraites n'a été chiffré publiquement. Combien d'argent manque-t-il ? De 3,5 milliards d'euros en 2018, le déficit devrait se creuser et atteindre de 8 à 17 milliards en 2025 et jusqu'à 27 milliards en 2030 dans le pire des scénarios, selon le Conseil d'orientation des retraites (COR).

Derrière le solde global du système, le problème n'est pas le même pour les caisses qui disposent de réserves financières, comme la complémentaire des salariés du privé (Agirc-Arrco), que pour le régime de base de la Sécu, dont les comptes vont plonger, passant d'un déficit de 1,6 milliard en 2018 à au moins 6 milliards en 2025 et 7,5 milliards en 2030 (11 milliards pour l'hypothèse la plus pessimiste). Un trou en partie provoqué par les choix budgétaires après la crise des "gilets jaunes", dont le coût n'a pas été compensé par l'Etat.

L'âge pivot au centre des débats

L'âge pivot - prévu à 64 ans - est au centre des débats : il doit pousser les Français à prendre leur retraite plus tardivement et par conséquent à cotiser plus longtemps.

Le gouvernement estime que l'âge pivot, que rejettent les syndicats, est une mesure "juste et efficace" pour équilibrer le système des retraites, même s'il est "ouvert à un cocktail de propositions", a affirmé jeudi le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin.

Le "besoin de financement" à court, moyen et long termes du système de retraite est connu de longue date et documenté chaque année dans les rapports du COR. Mais l'exécutif n'en a fait une priorité qu'après la crise des "gilets jaunes", au sortir du "grand débat national". Depuis 9 mois, les membres du gouvernement insistent sur la nécessité de "travailler plus longtemps".

Comme Emmanuel Macron s'est engagé à maintenir l'âge légal à 62 ans, le Premier ministre Edouard Philippe envisage d'y ajouter un "âge d'équilibre" - aussi appelé "âge pivot" - avec un "malus" pour ceux qui partiraient avant et un "bonus" pour ceux qui prolongeraient leur carrière au-delà.

A moins que patronat et syndicats s'accordent sur "une meilleure proposition", ce dispositif s'appliquerait dès 2022, pour atteindre 64 ans en 2027. Unanimement opposés à cette mesure, les syndicats contestent l'argument du risque de "faillite" du système, certains préférant renvoyer l'objectif d'équilibre "à 10 ou 15 ans".

Que proposent les syndicats ?

Les syndicats ont déjà avancé un possible "cocktail de mesures", à commencer par des hausses de cotisations pour les employeurs et les plus hauts salaires. Mais le patronat s'y refuse et Edouard Philippe "ne souhaite pas" augmenter "le coût du travail".

Le Medef réclame "absolument une mesure d'âge", ce que n'exclut pas la CFTC, mais sur le modèle de la "décote temporaire" négociée par les partenaires sociaux à l'Agirc-Arrco et entrée en vigueur l'an dernier.

A tout prendre, la CFDT penche plutôt pour un relèvement accéléré de la durée de cotisation, censée passer progressivement à 43 ans en 2035 en vertu de la précédente réforme de 2013.

Plusieurs organisations envisagent par ailleurs de piocher dans le Fonds de réserve des retraites, trésor de guerre doté de 36 milliards fin 2017, même si une partie de cette somme est provisionnée pour rembourser le "trou de la Sécu" jusqu'en 2024.

A cette date, la dette sociale aura été apurée et près de 20 milliards de taxes (CSG et CRDS) seront potentiellement disponibles, souligne l'Unsa, qui suggère d'en utiliser une partie pour les retraites.

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