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Économie – Social

Finistère : une faille repérée par les filières d'immigration clandestine

dimanche 31 janvier 2016 à 23:34 Par Annaïg Haute, France Bleu Breizh Izel

Le Finistère a décidé de revoir sa politique d'accueil des mineurs étrangers isolés. Le département s'est rendu compte que l'absence de contrôles fait de lui un eldorado pour les filières clandestines, qui y envoient des majeurs qui mentent sur leur âge.

Le Conseil départemental à décidé de changer de politique.
Le Conseil départemental à décidé de changer de politique. © Radio France - Annaïg Haute

Quimper

_« Il n'est pas normal que le Finistère ait plus que son quota ». Le conseiller départemental socialiste Marc Labbey, en charge du dossier, le reconnaît de but en blanc, la politique du département pour accueillir des mineurs étrangers isolés a attiré des réseaux d'immigration clandestine :_ « On l'a mal évalué parce qu'on ne s'attendait pas à cet afflux là. On assume nos responsabilités en la matière. »

170 personnes pour 110 places

110 places ont été créées dans le Finistère après la circulaire Taubira de 2013, qui prévoyait de répartir les personnes concernées dans tous les départements de France. Mais le département estime aujourd'hui, avec environ 170 « mineurs » accueillis, qu'il assume plus que sa part. Car s'il est normal d'accueillir les mineurs, c'est prévu dans la loi, le Finistère accueille des majeurs qui profitent du système. Contrairement à d'autres départements,_ _aucune vérification n'est faite ici. Une véritable filière d'immigration s'est organisée car des passeurs ont compris qu'il était facile d’être pris en charge par le département. Une a deux personnes débarquent chaque semaine à la gare de Quimper en se déclarant comme mineurs étrangers isolés.

Le Finistère accepte tout le monde, en se basant sur la bonne foi du demandeur

Car le Finistère accepte toutes les personnes qui se présentent comme mineurs étrangers isolés, alors que d'autres départements font le choix de recouper les informations au cour d'entretiens. Le dossier d'un homme qui donnerait plusieurs dates de naissance, par exemple, peut ne pas être retenu, on estime qu'il n'est pas vraiment mineur. Les documents fournis peuvent aussi être vérifiés par la police de l'air et des frontières, et en cas de doute, des tests osseux peuvent être ordonnés. Rien de tout ça dans le Finistère, l'enveloppe prévue de 2 millions d'euros par an est largement dépassée_. _Les jeunes se retrouvent à l’hôtel, créant des tensions. A Quimper, certains hôteliers refusent d'ailleurs désormais de les héberger. Des chiffres extrêmement sensibles puisque dans un rapport, que France bleu s'est procuré, les services de l'Etat font un lien avec les chiffres de la délinquance. Et parlent d'un phénomène de sécurité "inquiétant".

-Si nous avons un doute, on doit pouvoir dire : « Cette personne n'est pas mineure »

Selon Marc Labbey, le Conseil départemental va donc revoir sa politique, pour réorienter les majeurs vers d'autres structures (demande d'asile classique) en s'inspirant de ce qui se fait en Ille-et-Vilaine, où moins d'un tiers des demandes sont suivies d'une prise en charge. L'élu ajoute que le doute ne doit pas profiter au demandeur : «  Si nous avons un doute au final, on doit pouvoir dire cette personne n'est pas mineure, nous l'affirmons comme tel, et nous proposons au parquet de prendre des mesures dans ce sens là. »