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Fleuristes contre vendeurs à la sauvette : la guerre du muguet est déclarée

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Par , France Bleu Nord, France Bleu
Nord, France

Chaque année, le 1er mai, des milliers de personnes installent un petit stand dans la rue ou sur le bord des routes pour vendre du muguet. Mais parfois, ce muguet a été acheté en gros, à très bas prix. Reportage dans le Nord, où les fleuristes crient à la concurrence déloyale.

La vente de muguet est une tradition le 1er mai
La vente de muguet est une tradition le 1er mai © Maxppp - Jean-François Frey

Chaque année, chaque 1er mai, la concurrence entre fleuristes professionnels et vendeurs à la sauvette, au coin de la rue, fait rage. Concurrence déloyale crient les premiers. Moyens de gagner un peu d'argent une fois par an répondent les seconds...

Alors qui a raison ? Que dit la législation sur cette vente de muguet ? Eh bien, justement, elle est, sur le principe, illégale. Sauf que cette tradition est tolérée, à titre exceptionnel, le 1er mai et uniquement ce jour-là, mais sous conditions. La vente est réglementée par un arrêté municipal dans chaque commune concernée.

Il faut notamment que ce muguet soit sauvage, cueilli dans les bois ou dans votre jardin. Votre muguet doit être vendu tel quel, sans racines, pas d'emballage, pas de composition avec une rose ou du feuillage par exemple, pratique réservée aux fleuristes professionnels. Et votre stand ne doit justement pas en être un : à Bruay-sur-l'Escaut, par exemple, l'arrêté municipal stipule que bancs et tréteaux sont interdits. Il précise aussi que cette vente ne peut pas avoir lieu à moins de 100 m de la boutique d'un fleuriste. Les contrevenants s'exposent à la confiscation de la marchandise et à une amende, jusqu'à 38 euros à Bruay-sur-l'Escaut, 750 euros à Tourcoing !

Manque de contrôles

Le problème, c'est que, bien souvent, faute de contrôles, cette législation n'est pas respectée. Chaque premier mai, on aperçoit des vendeurs qui proposent de véritables petits bouquets dans la rue. Au grand dam d'Olivier Turblin, lui-même fleuriste et président de la Chambre artisanale des fleuristes du Nord et délégué pour les Hauts-de-France : le 1er mai, c'est 10% de son chiffre d'affaires.

Il dénonce cette concurrence déloyale qui s'accroît chaque année, alimentée par des fleuristes qui vendent eux-mêmes en gros aux vendeurs à la sauvette : "ces 'pseudos fleuristes' ne respectent pas notre profession en vendant des produits low-cost. Ils se tirent eux-mêmes une balle dans le pied. Dans les annonces sur le Bon Coin, ils vendent du muguet trois fois moins cher TTC, directement aux particuliers, que notre meilleur prix hors taxes chez nos grossistes. Ça nous anéantit tous, c'est vraiment un cri de désespoir parce que la profession souffre", explique-t-il.

Selon Olivier Turblin, cette "filière bien organisée", implantée dans les Hauts-de-France, alimente la France entière en muguet bas de gamme et pas cher. Ces professionnels "profitent d'un vide juridique, déclare-t-il, tout en sachant pertinemment que le muguet qu'il vend en grande quantité sera revendu sur la voie publique. Moi, le client qui vient en boutique, il n'achète pas 500 brins pour faire plaisir à la mamie !"

On soupçonne une filière parallèle, via Le Bon Coin - Olivier Turblin, fleuriste

Des accusations que supporte très mal Fabrice Billon, fleuriste à Bauvin. Depuis des années, il se fournit en gros en muguet, auprès des producteurs nantais. Il vend ensuite 10 euros la botte de 50 brins sur les marchés et sur Le Bon Coin. Question de survie économique pour lui. "Les gens viennent acheter du muguet, on ne leur demande pas ce qu'ils vont en faire, déclare Fabrice Billon, ça ne nous regarde pas de toute façon. On ne fait pas partie de la police, on est commerçant, on vend. Les clients ne mettent pas d'argent dans les fleurs alors on est obligé de vendre pas cher."

Deux visions opposées certes mais basées sur un constat : la difficulté d'être fleuriste aujourd'hui. Ces trois dernières années, 3 500 fleuristes ont mis la clé sous la porte partout en France, 250 rien que dans le département du Nord.

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