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Économie – Social

Florange : six ans après leur "mise sous cocon", quel avenir pour les hauts fourneaux d'ArcelorMittal ?

vendredi 30 novembre 2018 à 9:22 Par Magali Fichter, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

L'accord entre ArcelorMittal et le gouvernement arrive à échéance, ce 30 novembre 2018. En 2012, les hauts fourneaux de Florange ont été "mis sous cocon", c'est-à-dire qu'ils sont éteints mais qu'ils sont potentiellement redémarrables - en tout cas officiellement.

A droite, les hauts fourneaux en novembre 2018, vus depuis Hayange
A droite, les hauts fourneaux en novembre 2018, vus depuis Hayange © Radio France - Magali Fichter

Florange, France

C'est un épisode qui a profondément marqué la Moselle, et plus particulièrement la Vallée de la Fensch. Il y a six ans, les hauts fourneaux de Florange s'arrêtaient, et le 30 novembre 2012, le gouvernement et ArcelorMittal signaient un accord de "mise sous cocon" du site - c'est à dire que les hauts fourneaux ont été maintenus en l'état et sont censés pouvoir redémarrer le cas échéant. 

Dans cet accord, le groupe s'engageait aussi à ne licencier personne, et à investir sur le site de Florange - à hauteur de 180 millions d'euros. Cette partie là du contrat est remplie, les investissement s'élèvent même à 270 millions d'euros - nouvelle centrale de production vapeur, future ligne de galvanisation - le groupe a recommencé à embaucher.

Christophe, en CDI depuis quelques mois après avoir travaillé une dizaine d'années pour un sous-traitant, admet que "la crainte est passée" : "On continue de travailler, il y a des projets qui tombent, la nouvelle ligne côté train à froid, ça trouve quand même qu'il y a du boulot. Pourvu que ça dure". Mais, notamment avec les départs à la retraite non remplacés, il y a moins de 2.200 salariés à Florange, contre 3000 à l'époque, contrairement, d'ailleurs, à ce qu'a dit Emmanuel Macron lors de son "itinérance commémorative".

Quand vous arrêtez une installation pendant six ans, n'importe quoi, même une maison, vous verrez dans quel état vous allez la récupérer..." - Un salarié d'ArcelorMittal

Et désormais, à partir du 1er décembre, Arcelor Mittal doit dire ce qu'il advient de ces hauts fourneaux. "Aujourd'hui, tous les scénarios sont sur la table et ces décisions sont lourdes de conséquences. Il est urgent d'attendre", soulignait, il y a quelques jours, Anita Bonnard, la directrice du site de Florange. 

Mais du côté des salariés, peu croient à un redémarrage. Frédéric Weber, délégué FO et invité de la rédaction de France Bleu Lorraine, explique : "dès que l'accord a été signé, on savait que c'était définitivement terminé." Selon lui, les hauts-fourneaux sont aujourd'hui "des ruines". Sur place, à Florange, les salariés semblent eux aussi désabusés. L'un d'entre eux souffle : "Quand vous arrêtez une installation pendant six ans, imaginez n'importe quoi, même une maison, vous verrez dans quel état vous allez la récupérer..."

Frédéric Weber, invité de la rédaction de France Bleu Lorraine

Ce ne serait pas déconnant de faire une aciérie électrique, malheureusement, pour le patronat, ce n'est pas rentable" - Frédéric Weber, délégué FO d'ArcelorMittal Florange

Malgré tout, certains syndicats ont des propositions pour le devenir des hauts-fourneaux. Lionel Buriello, délégué CGT, vote pour le scénario d'une aciérie électrique : "La reprise d'une activité industrielle coûterait moins cher qu'un démantèlement. Pour nous, le choix est fait : l'aspect conjoncturel est plus que favorable, les nouveaux procédés technologiques existent, tous les voyants sont au vert. Il y a une opportunité à saisir." Frédéric Weber abonde dans ce sens, mais il est plus pessimiste : "Ce ne serait pas déconnant de faire une aciérie électrique, malheureusement, pour le patronat, ce n'est pas rentable".

Le gouvernement fait preuve de fermeté dans beaucoup de dossiers, on l'a vu avec les gilets jaunes. Va-t-il être aussi ferme avec Arcelor Mittal ?" - Edouard Martin, eurodéputé et ancien délégué CFDT

L'eurodéputé Edouard Martin, l'ancien délégué CFDT de Florange, figure emblématique du combat de 2012, suit toujours le dossier de très près. Et pour lui, l'accord doit être respecté à la lettre : "Il est écrit qu'avant de procéder à la fin définitive des hauts fourneaux de Florange, on doit regarder l'état du marché de l'acier au niveau européen. Or, le marché se porte à merveille. On importe en moyenne 27 millions de tonnes - par an, ndlr, depuis la Chine. C'est treize fois la production de Florange. Aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour redémarrer les hauts fourneaux.

Selon Edouard Martin, "Arcelor Mittal va s'évertuer à démontrer que ce n'est pas possible. La question que je pose, c'est est-ce que le gouvernement français est prêt à s'asseoir sur sa signature ? Il fait preuve de fermeté dans beaucoup de dossiers, on l'a vu avec les gilets jaunes. Va-t-il être aussi ferme avec Arcelor Mittal ?"

Le gouvernement justement, et plus précisément le ministre de l'économie Bruno Le Maire, a accepté le principe d'une table ronde autour de l'avenir de la filière liquide dans les prochains mois, après un "pique-nique" de la CGT devant Bercy, ce jeudi. Du côté d'ArcelorMittal, on peut imaginer que la direction va prendre son temps avant d'expliquer son projet pour le site.