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Dossier : Les Fonderies du Poitou en danger

Fonderies du Poitou d'Ingrandes : la secrétaire d'Etat à l'Industrie promet "de limiter au maximum la casse sociale"

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Par , France Bleu Poitou
Ingrandes-sur-Vienne, Ingrandes, France

Les quelques 800 salariés des Fonderies du Poitou espéraient depuis des mois la visite d'un ministre dans leur usine en redressement judiciaire mais c'est finalement Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat à l'Industrie, qui a rencontré ce vendredi salariés et élus à Ingrandes-sur-Vienne.

Au micro, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'Etat à l'Industrie, est entourée de délégués syndicaux des Fonderies du Poitou d'Ingrandes-sur-Vienne
Au micro, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'Etat à l'Industrie, est entourée de délégués syndicaux des Fonderies du Poitou d'Ingrandes-sur-Vienne © Radio France - Jules Brelaz

"Mieux vaut tard que jamais !" L'adage est repris en cœur ce vendredi par les salariés des Fonderies du Poitou où sont fabriquées des blocs moteurs, culasses et carters pour l'industrie automobile diesel. Alors qu'ils s'impatientaient depuis plusieurs mois dans l'attente d'un déplacement de Bruno Lemaire ou de la ministre du travail dans leur usine en redressement judiciaire, ils ont reçu ce vendredi matin la visite d'Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances. 

"Je préfère travailler que twitter !" (Agnès Pannier-Runacher)

Alors que les tribunaux de commerce de Lyon et Poitiers se prononcent sur la reprise de la Fonderie Alu et Fonte les 19 et le 21 mars, la ministre du Travail Murielle Pénicaud qui était en déplacement à Poitiers ce vendredi n'est pas venue à la rencontre des salariés d'Ingrandes. "Poitiers-Châtellerault, c'est 30 km, elle n'a pas voulu faire le déplacement ! On a l'impression que l'on se fout un peu de nous", avouent Cyril et Thierry.

Du brouillard, un café et des blocs moteurs en guise d'accueil

Une haie d'honneur d'ouvriers attendait la secrétaire d'Etat ce vendredi au petit matin. "L'objectif était de décorer la ville d'Ingrandes avec des blocs moteurs et des culasses", raconte Jean-Yves Huet, représentant du personnel aux Fonderies du Poitou Alu. "On a vraiment voulu montrer notre savoir-faire, ajoute Laetitia, vingt années d'ancienneté aux Fonderie. On ne voulait pas que ce soit un tas de ferrailles sur un rond-point, vous voyez, moi je suis mariée j'ai deux enfants et des crédits sur le dos et on a tous envie de garder notre poste et de sauver notre entreprise"

"Je ne vais pas vous raconter des histoires ou faire de promesse l'air." (Agnès Pannier-Runacher)

"On sait que le marché du diesel est en fort recul et notre responsabilité c'est d'accompagner cette conversion", prévient la secrétaire d'Etat. Après une rencontre avec les salariés et une visite de l'entreprise, Agnès Pannier-Runacher a participé à une table ronde en présence des syndicats et des élus, maires du Châtelleraudais, députés et sénateurs de la Vienne, dont certains critiquaient l'absence du gouvernement sur ce dossier. "L'objectif est d'avoir un projet industriel qui tienne la route, explique Agnès Pannier-Runacher, de façon à ce que le maximum de solutions soient déployées pour limiter la casse sociale donc on ne reste pas les bras croisés".

La balle dans le camp de Renault 

Sous-traitant historique du constructeur automobile, les Fonderies du Poitou subissent le déclin du diesel et voient les commandes fondre comme neige au soleil, au profit d'usines du groupe situées à l'étranger. "Renault, dont l'actionnaire minoritaire est l'Etat (19%), marque qui bénéficie des crédits d'impôts du CICE, est en train de bâtir une fonderie en Turquie et une autre au Brésil, pour fabriquer des blocs de moteur de demain", déplore Jean-Yves Huet, délégué CGT.

"Nous, on est déjà disponibles à Ingrandes ! Vous voyez les pièces sont là, et on est prêts à en faire d'autres" (Jean-Yves Huet, délégué CGT)

"Que ça soit n'importe quel repreneur, si Renault n'est pas derrière, personne n'y arrivera, résume Alain Delaveau, représentant des salariés CGT Fonte. Ça  ne peut être que Renault qui nous donne des commandes de culasses et de carters sur trois à cinq ans, le temps que l'on puisse diversifier le site".

"Je peux vous dire que j'ai encore échangé hier soir à 23 heures avec le dirigeant de Renault et on est extrêmement mobilisés pour qu'ils assument leur part de responsabilité  par rapport aux deux fonderies" (Agnès Pannier-Runacher)

Après une matinée de visite, "il n'y a aucun engagement nulle part, c'est assez décevant et ce déplacement arrive un peu tard", estime pour sa part Serge Riou, élu CFE-CGC aux Fonderies du Poitou.

Prochaine étape ce lundi avec l'examen des offres de reprises en présence des candidats et des syndicats avant une assemblée générale dans la soirée.

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