Économie – Social

Ford Blanquefort : le comité d'entreprise attaque en justice la direction

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde vendredi 24 avril 2015 à 6:00

L'entrée du site Ford , à Blanquefort
L'entrée du site Ford , à Blanquefort © Radio France

Le comité d'entreprise de Ford Blanquefort a décidé ce jeudi d'attaquer le constructeur américain en justice. Il dénonce son désengagement dans son objectif de maintenir un millier d'emplois sur le site girondin et aussi le fait de prêter du personnel à l'usine voisine Getrag Ford.

Les élus du CE veulent faire sortir du bois les responsables de Ford sur la question essentielle de la pérennité de l'usine de Blanquefort. Sur les tracts de la CGT, un dessin représente Pinocchio. Son nez s'allonge quand il dit "Ford s'engage à maintenir au moins 1000 emplois ". Le syndicat rappelle que ces propos de la direction datent de 2013. Ces propos et engagements ne sont pas tenus.

"Pas question pour nous d'accepter que les dirigeants de Ford puissent impunément balader les pouvoirs publics, utiliser sans scrupule l'argent public, raconter des histoires aux salariés, aux médias à tout le monde". —  La CGT Ford dans sa revue interne Bonnes nouvelles

Aidé par un élu de la CFTC, la CGT a mobilisé le Comité d'entreprise pour attaquer en justice le géant de l'automobile.  La CGT qui rappelle que 46 millions d'euros d'aide publiques ont été déboursé pour Ford.

Baisse d'effectif, travail désorganisé

Les 1000 emplois n'y sont pas. Une partie du personnel de Ford Aquitaine Industries est prêtée à l'usine voisine Getrag Ford Transmission. Les projets de nouvelle production de transmission et de double embrayage ne sont pas à la hauteur des attentes. Cette politique baisserait de fait les effectifs des sous-traitants et désorganiserait le travail au sein de l'usine.

Ford n'a pas tenu ses engagements selon Gilles Lambersend, membre CGT au Comité d'entreprise.

"Les suppressions d’emplois se font tranquillement et les pouvoirs publics ferment les yeux." —  Gilles Lambersend

Gilles Lambersend, membre de la CGT à Ford Blanquefort. - Radio France
Gilles Lambersend, membre de la CGT à Ford Blanquefort. © Radio France - Xavier Ridon

Dans le même temps, la mobilisation des ouvriers n'est plus celle d'il y a cinq ans quand l'usine avait été sauvée. De récents débrayages pour des questions salariales n'ont pas été franchement suivis. Attaquer en justice, c'est relancé le mouvement et essayer de retrouver des interlocuteurs.

Le préfet veut un comité de pilotage avant l'été

De son côté, le nouveau préfet d'Aquitaine veut rencontrer la direction de Ford mais aussi organiser un comité de pilotage avant l'été. Le référé devrait être envoyé d'ici deux semaines par l'avocate désignée par le comité d'entreprise.

Gilles Lambersend, CGT Ford : "Les pouvoirs publics ferment les yeux"