Économie – Social

Ford Blanquefort : les syndicats en appellent aux élus locaux

France Bleu Gironde mercredi 25 février 2015 à 17:10

L'entrée du site Ford , à Blanquefort
L'entrée du site Ford , à Blanquefort © Radio France

L'Intersyndicale de Ford Aquitaine Industrie, à Blanquefort, s'inquiète de plus en plus de la situation : elle demande à l'État et aux collectivités locales de faire pression sur la direction de Ford, pour trouver de nouveaux débouchés pour le site. Faute de quoi, selon les syndicats, l'usine serait à nouveau menacée.

L'inquiétude grandit pour les salariés de Ford Aquitaine Industrie, à Blanquefort : après le débrayage de mardi dernier, qui a mobilisé près de 300 salariés, l'intersyndicale s'est réunie en urgence ce mercredi matin et a décidé d'alerter le préfet et les collectivités locales sur la situation dans l'entreprise. Les cadres de la CGC se sont également joints à cette rencontre.

Selon les syndicats, le maintien des 1.000 emplois promis par la direction de Ford lors du rachat du site il y a deux ans n'est toujours pas assuré. Les cadences sont sans cesse revues à la baisse, et le constructeur américain tarde selon eux à trouver de nouvelles productions. L'intersyndicale demande aux élus locaux de faire eux aussi pression sur le constructeur automobile pour qu'il annonce de nouveaux investissements sur le site.

"Ford a reçu, depuis 2011, 40 millions d'euros d'aides publiques, à travers des subventions ou des exonérations de charges sociales, pour maintenir l'activité sur le site, mais au final, les 1.000 emplois promis ne sont pas là. En 2008, c'est notre mobilisation qui avait permis de sauver le site. Donc, c'est à nous , salariés et collectivités locales, de demander à Ford d'investir sur de nouveaux projets." — Gilles Penel, délégué CGT

Des salariés volontaires vont temporairement renforcer les équipes de l'usine voisine de Getrag, mais pour les syndicats, ce n'est pas la solution.

"Cela a pour seul but de masquer la réalité, qui est que Ford n'a pas amené suffisamment de travail sur le site. Il faudrait de nouvelles activités pour remplacer celles qui sont appelées à disparaître, ou pour lesquelles les volumes sont moindres que ceux annoncés. Or, Ford a répété qu'il n'investirait pas plus dans les trois ans qui viennent. On est exactement dans la même situation qu'en 2008, quand l'usine a failli fermer." — Jean-Luc Gassies, élu CFTC

"On est revenu à la case départ"

Pour tenter de rassurer les salariés, le dircteur de Ford Europe, Dick Heller, leur a écrit la semaine dernière, annonçant notamment le lancement en 2016 d'une nouvelle boîte à vitesse automatique pour le marché européen, qui pourrait être produite à Blanquefort. Il a d'autre part  reconnu des retards dans certaines productions, dûs à des problèmes techniques.

"Il y a un plan, une feuille de route signée en 2013 qui engage Ford pour 5 ans. Des investissements ont déjà été realisés, d'autres vont avoir lieu. Le prochain, ce pourrait être cette production de nouvelles boîtes automatiques. Les parternaires sociaux sont dans leur rôle en exprimant ses inquiétudes. Mais en face, il y a des éléments concrets qui prouvent que Ford veut pérénniser le site." — Fabrice De Vanlay, directeur de la communication Ford-France.

Le site de Ford Aquitaine Industrie emploie à ce jour 980 salariés. Selon les syndicats, si le plan de charges ne bouge pas, 120 postes pourraient disparaître d'ici la fin de l'année.

La direction de Ford va-t-elle encore investir dans l'usine de Blanquefort ?